Mis en lumière par l’incident avec le camarade Raymond
Abouo N’dori, à l’occasion de la réunion du comité central ordinaire tenu samedi dernier, Moïse Lida Kouassi a dit hier, sa part de vérité sur cette affaire, qui dit-il,est allée un peu dans tous les sens. Approché par Aujourd’hui,l’ancien securocrate du régime Gbagbo a indiqué d’entrée, qu’il n’a jamais voulu en venir aux mains avec N’dori.

Seulement, il soutient avoir fait mouvement vers ce dernier
pour lui demander de passer le micro au prochain intervenant
inscrit sur la liste car de son point de vue, Abouo N’dori n’avait pas à réagir spécialement à son intervention. Surtout que note, Lida,l’ex-ministre de la santé puis de la construction sous Gbagbo, a eu la parole au sortir d’un chuchotement avec le président Pascal Affi N’guessan.

Une scène qui conforte Lida dans la conviction que le cafouillage avait été soigneusement préparé par le camp Affi qui selon lui, n’attendait que la moindre occasion pour faire reporter la réunion qui avait commencé à leur échapper vu la tonalité des interventions enregistrées jusque-là. Sinon, éclaire Moïse Lida : « sur la question de la CEI,j’ai simplement dit qu’en y envoyant une personnalité
comme le ministre Alain Dogou,qui fut le dernier ministre de la défense du président Laurent Gbagbo, c’est un mauvais signal que le FPI envoie ainsi au régime Ouattara, car cela symbolise notre capitulation face à l’adversaire. Et que ce soit Lida Kouassi, Bertin Kadet ou encore Amani N’guessan, qui tous, ont géré la sécurité du régime de la Refondation, c’est le même mauvais signal.

Telle est la pensée que j’étais en train de dérouler quand les gens ont organisé la confusion totale pour éviter le vrai débat de notre présence ou non à la commission électorale indépendante (CEI) ». Puis Lida de dénoncer les manoeuvres du camp Affi tendant ce jour-là, à priver leurs contradicteurs de parole.Comme par exemple, la tentative vaine de la secrétaire nationale aux finances d’exiger à
l’entrée, les cartes de militants et cela contrairement aux dispositions de l’art 76, dernier alinéa, des textes du FPI. Ou encore la part belle faite par la SG Agnès Monnet aux intervenants pro-Affi tandis que les autres avaient toutes les peines du monde à obtenir le micro. Et cela, dans une proportion de pratiquement dix contre deux.
Lida n’oublie pas non plus l’activisme débordant de Michel
Amani N’guessan et surtout de Marcel Gossio en faveur du président du parti, comme s’ils étaient en mission pour casser les empêcheurs de tourner en rond.

Mais nullement intimidé par cet activisme, Lida Kouassi se veut serein : « les fondements du FPI sont solides et ce ne sont pas les vaines tentatives de modification de la majorité qui vont ébranler le parti. Tôt ou tard, le débat sur la CEI et la collaboration avec le régime Ouattara aura lieu ; ce sera argument contre argument et celui qui aura été plus convaincant,aura pour lui, la majorité au parti. Toute autre voie est vouée à l’échec. » Mais avant,l’ancien député FPI de Marcory a rappelé que le comité central ordinaire du week-end dernier faisait suite à un comité central
extraordinaire qui lui, avait largement fustigé la gouvernance
solitaire du camarade Pascal Affi N’guessan, avant de se prononcer contre l’entrée du FPI à la CEI. Et que suite à la médiation entamée par le gouverneur Dacoury-Tabley, le préfet Gnaoré Jean-Baptiste, Dano Djédjé et autres, Marie Odette Lorougnon, il fut décidé de tenir un Secrétariat général et un comité central à l’effet de ramener le calme chez les ‘’bleu et blanc’’.

Dans cette quête, un congrès a été programmé pour la mi-décembre 2014. Les travaux seront dirigés par le ministre Sébastien Dano Djédjé, désigné président du congrès.Pour rappel, depuis plusieurs semaines, une crise secoue le parti du président Laurent Gbagbo, avec d’une part, les partisans d’Affi qui prônent la négociation et le rapprochement avec le pouvoir pour obtenir la libération des prisonniers politiques, le président Laurent Gbagbo en tête, et d’autre part,ceux qui prônent la résistance jusqu’au bout pour arracher des discussions sincères au pouvoir, devant aboutir à une
décrispation politique réelle et non ce qu’ils nomment, des «mesurettes ». Et depuis, les deux groupes ne manquent aucune occasion de s’empoigner.C’est dans cette atmosphère et alors que l’on était encore à ergoter sur le comité central ordinaire de samedi dernier, que le siège provisoire du FPI a été attaqué hier, à la mi-journée, par des inconnus armés, qui, selon des témoignages concordants, ont causé d’importants dégâts matériels à leur passage.

Il y a bien longtemps que le parti à la rose n’avait pas reçu pareils visiteurs.Qui donc, a aujourd’hui,intérêt dans un tel acte aujourd’hui ? Le pouvoir, le camp Affi ou celui de Lida ? Telle est la question sans réponse qui revenait hier sur beaucoup de lèvres.
Geraldine Diomande
Aujourd’hui
02/09/2014