Cette organisation de défense des droits de l'homme n'a pas mis du temps à réagir à la demande de sursis introduite par les autorités ivoiriennes auprès de la Cpi. 

Interrogé sur la question par le confrère Jeune Afrique, Gaëtan Mootoo, chercheur à Amnesty International pour l'Afrique de l'Ouest, a déclaré : « Si les juges de la CPI accordent ce sursis, les autorités ivoiriennes doivent rapidement achever l'enquête et – en cas de preuves suffisantes – poursuivre en justice Charles Blé Goudé et le remettre à la CPI ».

Au fond, cette position de Gaëtan Mootoo est celle qu'a toujours défendue l'Ong s'agissant du cas Blé Goudé. On se rappelle que depuis que le mandat d'arrêt émis contre lui par la Cpi a été rendu public, Amnesty International s'est déclaré favorable à son transfèrement à La Haye. La présidente de la section ivoirienne de cette Ong, Nathalie Kouakou, a estimé qu'il était préférable que Blé Goudé soit traduit devant la Cpi pour lui garantir un procès équitable. Tout le contraire de ce que pense l'un de ses avocats, Me Claver N'dri. Dans une déclaration faite sur le site internet de Jeune Afrique, celui-ci défend la thèse contraire : « La présence de mon client en Côte d'Ivoire est nécessaire si nous voulons une justice équitable.

Les faits ont été commis ici, les témoins sont ici. Le justice ivoirienne est capable de le juger ». Par ces mots, celui-ci semble applaudir la requête introduite par les autorités judiciaires ivoiriennes et qui vise à solliciter un sursis de trois mois, avant de se prononcer définitivement sur le transfèrement ou non de l'ex-leader de la galaxie patriotique à La Haye. « Le doyen des juges d'instruction du tribunal de première instance d'Abidjan a fait savoir qu'il entendait procéder intensivement au cour du premier semestre 2014 à des interrogatoires (…), ainsi qu'à l'audition de témoins et à des confrontations entre l'inculpé et d'autres personnes concernées par les poursuites engagées devant les autorités judiciaires internes », ont avancé les avocats français de l'Etat de Côte d'Ivoire, Jean-Pierre Mignard et Jean-Paul Benoît, pour expliquer la démarche des autorités ivoiriennes.

 

Source 
L'inter