Loin de la querelle inutile liée à sa nationalité,un autre critère constitue aujourd’hui un vrai frein à la candidature d’Alassane Ouattara à l’élection présidence de 2015
Pendant que les partisans d’Alassane Dramane Ouattara parcourent monts et
vallées pour tenter d’imposer sa candidature unique, ils doivent bien se poser une
question fondamentale. Leur champion sera-t-il apte à solliciter les suffrages des Ivoiriens
au moment venu ? La question pourrait paraître saugrenue aux yeux de ceux que l’on pourrait appeler les « négateurs patentés des évidences », selon l’expression du président du Pdci, Henri Konan Bédié. Et pourtant, elle est d’importance à la lumière des derniers développements de l’actualité nationale.
La Constitution de la République de Côte d’Ivoire stipule en son article 35 que : « Le candidat à la Présidence de la République doit présenter un état complet de bien-être physique et mental
dûment constaté par un collège de trois médecins désignés par le Conseil constitutionnel sur une liste
proposée par l’Ordre des médecins. Ces trois médecins doivent prêter serment devant le Conseil constitutionnel ».

Contrairement à ce que certains pourraient penser, ce n’est donc pas uniquement la question récurrente de la nationalité qui pourrait être opposable à M. Ouattara. Mais également celle liée à son
état de santé physique. Et ça, c’est un vrai souci pour les communicants d’Alassane Ouattara qui anticipent déjà en claironnant partout que le chef de l’Etat se porte comme un charme. Une
façon à eux d’insinuer qu’il remplit tous les critères exigés par la constitution. La réalité qu’il a été donné aux Ivoiriens de voir, dimanche dernier, lors du retour de France de M. Ouattara incline pourtant à beaucoup de réserve. Le chef de l’Etat ne se porte pas aussi bien que l’affirment ses proches. La bonne
preuve par l’image est la canne dite « émergente » dont il s’aide désormais pour se déplacer et le fait qu’il était pratiquement agrippé à son épouse, Dominique Ouattara, à sa descente d’avion.
En plus, depuis son retour, il tient exclusivement ses audiences à son domicile d’Abidjan-Riviéra Golf. Y compris la réception de son « frère » Blaise Compaoré. La question de l’éligibilité
d’Alassane Dramane Ouattara ne serait pas posée maintenant si le concerné lui-même ne s’était pas déclaré candidat à sa propre succession depuis plus d’un an.

Depuis lors, des groupes de ses proches peinent à l’imposer comme candidat
unique au sein de la coalition Rhdp qui l’a soutenu au second tour de la présidentielle
de 2010. Puisque le Pdci-Rda demeure indécis. Avec la récente opération chirurgicale liée à une sciatique
que leur champion a subie, les partisans d’Alassane Dramane Ouattara ont un souci supplémentaire.
Le Conseil constitutionnel dirigé actuellement par un partisan de M. Ouattara, en l’occurrence le professeur Francis Wodié, pourra-t-il être suffisamment impartial pour écarter tout candidat
malade de la course à la présidentielle 2015 ? Les trois médecins que choisira le Conseil constitutionnel seront- ils en mesure d’établir un diagnostic crédible et indépendant? Les questions restent posées.
Didier Depry
didierdepri@yahoo.fr
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