Le cérémonial est immuable, mais toujours impressionnant. Sur la place d’armes du quartier Labouche, les cavaliers du 1er Régiment Étranger ont accueilli le lundi 21 octobre 2013, les hommes du 5e escadron qui rentraient de Côte d’Ivoire. 200 hommes, placés sous le commandement du Colonel Rémy Bouzereau (il commandait également l’ensemble de la force Licorne, soit près de 400 militaires). Durant quatre mois, ces militaires ont assuré quatre missions essentielles : protéger les ressortissants français et binationaux, apporter une assistance militaire aux troupes ivoiriennes, conduire des missions "civilo-militaire" au profit des populations locales et surtout assurer les opérations tactiques et logistiques en appui ou en soutien des unités françaises engagées dans l’Ouest africain. Le Colonel Bouzereau va dès maintenant s’atteler à une autre mission d’importance : lancer le déménagement de l’ensemble de son régiment.

Rémy Bouzereau: "C’est un déchirement"

"J’ai appris la nouvelle du déménagement du Premier REC, de la bouche même du Chef d’État-major des Armées alors que j’étais dans le quartier Bouët à Abidjan, nous a confié le Colonel Rémy à l’occasion d’une discussion à bâton rompu dans les salons du mess. Inutile de vous dire que l’annonce a été comme un petit déchirement pour bon nombre d’entre nous. À titre personnel, j’ai énormément d’amis dans cette ville d’Orange. Plusieurs de mes enfants sont nés ici, fréquentent les écoles de la ville." Un sentiment que l’on retrouve également auprès de nombreux officiers supérieurs, officiers ou sous-officiers du REC. Des hommes qui ont, pour la plupart, tissé des liens sociaux, affectifs avec la région orangeoise. Certains y ont même pris leur retraite ou réussi leur reconversion professionnelle. "Le REC, ajoute le colonel, est né en Tunisie, est passé par la Syrie, le Maroc, l’Indochine, a combattu sur plusieurs terrains avant de venir s’installer en 1967 à Orange. Il est habitué à se déplacer, à vivre des situations professionnelles délicates, parfois hors du commun, mais un déménagement, ce n’est jamais facile, surtout pour les familles. Ce qui ne m’empêche pas de vous dire que les terrains de Carpiagne dans les Bouches-du-Rhône sont des lieux répondant parfaitement à l’entraînement, la formation ou les exercices d’un régiment de cavalerie légère". Et d’ajouter : "Un régiment, c’est fait pour bouger !" Dans les mois qui viennent, une première délégation de responsables du 1er REC devrait se rendre à Carpiagne afin de rencontrer les officiers du 4e Dragon avant le départ définitif de ce régiment. Si, pour le 150e anniversaire de Cameron, la totalité du régiment était au quartier Labouche, les soldats ont ensuite été très vite déployés à l’extérieur. Après sa présence au Mali ainsi qu’en Côte d’Ivoire, le régiment possède encore plusieurs pelotons et escadrons, notamment au Gabon, dont l’encadrement est assuré par le Lieutenant La Combe, ainsi que le 1er escadron, actuellement à Djibouti. Ces hommes devraient, logiquement, rejoindre leur quartier dans le courant de l’année 2014.

Source : laprovence.com