Le pays va mal

Le pays va mal

A la suite de notre article publié ce mercredi sur la mort de l'étudiant Gaudji Yves Alain, nous avons été interpellé par un ami de la victime. Ce dernier, témoin de la scène, nous raconte les circonstances du drame. Emouvant...

 

"J'ai passé la soirée avec Steph (Gaudji Yves Alain Stéphane) ce jour-là (15 mai 2016, ndlr), on s'est séparé vers 3h, par la grâce de Dieu je suis rentré sain et sauf à la maison.

 

Steph et sa copine ont malheureusement été suivis par un individu. Lorsqu’ils se sont rendu compte de la situation, l’individu a aussitôt surgi sur eux. Dans la lutte, l’individu a poignardé mon ami dans le ventre et a pris la fuite. Sa copine l'a immédiatement conduit au CHU de Yopougon. Il était toujours vivant quand ils sont arrivés au CHU vers 4h moins. Je suis arrivé au CHU plus tard. J'ai discuté avec Steph, il était vraiment mal-en-point. Jusqu'à7h il n'y avait toujours pas de médecin.

 

Il était entouré par ces étudiants en médecine qui à mon avis sont là pour leurs cours, pas pour sauver des vies. Malheureusement le service d'urgence du CHU n'arrive même pas à faire face à ce genre de situation. Aucun matériels même de simples gants, il n'en possède pas. La famille était obligée de tout acheter avant que l'hôpital n'effectue les premiers soins. C'est triste pour un pays avec un tel système de santé et qui prétend aspirer à l'émergence. Nous vivons aujourd’hui dans un climat d’insécurité total.

 

Steph a perdu connaissance vers 10h. J'ai toujours à l'esprit son dernier regard quand je sortais de la salle. Les médecins nous ont annoncé son décès vers 13h. Certes ce microbe a poignardé mon ami, mais le Chu l'a achevé. Je suis vraiment triste ces derniers instants passé avec toi ne cessent de défiler dans ma tête. Que ton âme repose en paix mon frère."

 

Rappelons que la veillée funèbre se tiendra ce vendredi 20 mai, à Yopougon Wassakara, de 20 heures à 22 heures. 

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Le pays va mal. Il ne s'agit pas de rumeurs, ni de jalousie, comme le fait croire le ministre de l'intérieur Hamed Bakayoko. L'insécurité alimentée par les microbes est bel et bien une réalité à Abidjan. Malgré les interpellations de la population, le mutisme du gouvernement a permis au phénomène des microbes d'atteindre son paroxysme.   

 

Dans la nuit du dimanche au lundi 16 mai 2016, un jeune étudiant plein d'avenir a fait les frais de cette insécurité.

Désormais, on ne parlera du jeune Gaudji Stéphane Yves Alain qu'au passé. Du haut de ses 27 ans, jeune étudiant, plein d'avenir, Yves Stéphane a lâchement perdu la vie après avoir été agressé puis découpé par les microbes, ce gang d'adolescent qui taillades les passants.

Les faits de déroulent à Yopougon Coquivoire à la rue princesse, non loin du quartier Wassakara. Ce lundi de Pentecôte, aux environs de 03 heures du matin, le jeune et ses amis revenaient d'une soirée à la rue princesse lorsqu'ils ont constaté qu'ils étaient guettés par des bandits. Inquiets face à l’attitude de ces quidams, ils décident d'accélérer leurs pas. Malheureusement, ils sont vites rattrapés par l'un d'eux qui aussitôt s'attaque à Yves Alain sans préavis. 

Après le forfait du microbe, le jeune étudiant, ayant reçu plusieurs coups d'armes blanches, succombe à ses blessures.

C'est une heure plus tard que la famille, informée de ce drame, a constaté le corps sans vie de leur enfant et dans un piteux état : il a été décapité.

 

Devant ce drame de plus, il est temps de hausser le ton. Combien de morts atteindrons-nous pour prendre conscience de la gravité de cette plaie qui mine notre société ? Certes, nous voulons un pays émergent  à l'horizon 2020; mais avant, nous voulons des ivoiriens en sécurité. Cette sécurité qui reste la prérogative régalienne de l’État doit être une priorité pour le président Alassane Ouattara et plus précisément pour le ministre en charge de ce département. Car le gouvernement par son silence se rend complice de tous ces morts causées par les microbes. 

 

Affectés par cette mort de trop, les amis de Yves Alain se mobilisent, notamment sur les réseaux sociaux afin d'attirer l'attention des autorités compétentes sur ce phénomène qui, de plus en plus, endeuille les familles. Outre la mobilisation sur les réseaux sociaux, il faut aussi craindre que les amis du défunt, animés par l'esprit du vengeance, ne veillent se faire justice soit même. 

La veillée funèbre est prévue ce vendredi 20 mai de 20 heures à 22 heures au domicile familiale, sis à Yopougon Wassakara. 

Lecridabidjan .net présente ses condoléances à la famille éplorée.  

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