La délibération du comité de contrôle qui a débouché mercredi dernier sur l’annonce de la candidature retenue de Laurent Gbagbo,- pour le poste de président du Front populaire ivoirien (FPI)-, au congrès de ma mi-décembre,a été l’occasion de se rendre compte du grand intérêt de la presse française pour tout ce qui touche au président Laurent Gbagbo.

Quelques instants après la sortie du patron du comité de contrôle, déjà les chaines comme itélé et France 24, qui officient dans l’information continue, ont aussitôt commencé à passer la nouvelle en boucle. Elles seront suivies par RFI, qui ouvrira son édition africaine du soir, par cette information.Le sujet reviendra comme titre majeur de toutes les éditions ultérieures du journal, jusqu’au lendemain. Même BFM TV, la chaine privée française des grands
évènements, qui traite rarement des sujets africains, a également participé à la valse, en croquant l’actualité Gbagbo.

Car ce n’est pas tous les jours que les principaux médias de l’hexagone offrent leurs manchettes principales à des personnalités étrangères et africaines notamment, qui n’entrent pas dans les plans de Paris. Surtout, lorsqu’en plus, celles-ci, comme dans le cas de Laurent Gbagbo,sont retenues dans les liens de la détention. Dans un tel registre,toute évocation du sujet, l’est plus en termes de raillerie que d’information.Bref, trois ans après son arrestation et son transfèrement à la cour pénale internationale (CPI), Gbagbo continue toujours d’être en vie dans les principales rédactions françaises, toutes presses confondues. Cela, alors que la plupart des diplomates occidentaux en poste à Abidjan, avaient prédit que l’éloignement de Gbagbo du théâtre ivoirien sonnerait de facto, sa mort politique.

Fortement pénétré de cette idée,Choi, l’ex-représentant spécial du Secrétaire général de l’Onu, en Côte d’Ivoire, qui a accompagné la chute du régime Gbagbo en 2011,à son départ définitif d’Abidjan,n’avait d’ailleurs pas manqué d’indiquer au confrère panafricain «Jeune Afrique », qu’il suffirait seulement de quelques jours de gouvernance Ouattara pour effacer Laurent Gbagbo des esprits, dans
le pays. Les faits lui donnent tort,car que ce soit à la Haye ou à Abidjan,le sujet Gbagbo polarise toujours l’attention et les médias toujours en quête d’auditoire n’ont pas tort de s’y intéresser à chaque fois, au point de faire parfois de l’ombre au régime Ouattara, objet de plus en plus, de vives critiques,ces dernières semaines, de la part de ces mêmes médias occidentaux qui en avaient fait leur préféré dans le combat contre Gbagbo,avant d’accompagner les premières années du pouvoir Ouattara. Une réalité qui comble d’aise
les partisans de l’ex n°1 ivoirien,qui ont décidé d’en faire le futur nouveau patron du FPI, à l’occasion du congrès de la mi-décembre 2014.
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