L’audition à huis-clos de l’ex-première Dame Simone Gbagbo, entamée mardi à Odienné (850km nord-Ouest) et sensée se poursuivre toute la semaine, commence à livrer ses secrets. Selon des informations reçues de sources proches du dossier, Simone Gbagbo aurait exigé le décret l’assignant à résidence.

Pour l’ex-première Dame, le moment est venu pour le pouvoir de lui notifier légalement les chefs d’accusation portés contre elle. Simone Gbagbo, assisté d’un conseil de trois avocats assurant sa défense, estime son assignation à résidence illégal, ce au regard du fait qu’elle n’est adossée à aucun décret, comme l’exige la procédure en la matière.

Pour rappel, dix-sept chefs d’accusations avaient été notifiés en juin 2012, par le juge d'instruction Koné Mamadou, à l’ex-première Dame. Il s’agit principalement crimes de sang, crimes de guerre, crimes économiques, l’atteinte à la sûreté de l'Etat, les troubles à l'ordre public et l’entretien de bandes armées.

L’audition en cours s’inscrit dans la suite des enquêtes devant à terme débouchées sur le procès de l’ex-première Dame. Procès que les autorités ivoiriennes souhaitent en Côte d’Ivoire, alors que la Cour pénale internationale (CPI) la réclame pour la juger. Le régime d’Abidjan a du brandir l’invocation de l’exception d’irrecevabilité, suite à la demande de déferrement émise par la Cour Pénale Internationale (CPI), pour maintenir le procès de Simone Gbagbo en Côte d’Ivoire. Le chef de l’Etat Ivoirien Alassane Ouattara n’a de cesse manifesté son opposition au transfèrement de l’ex-première Dame à la CPI.

Selon l’un des conseils de l’ex-Première Dame, Simone Gbagbo « se porte très bien physiquement et moralement et reste toujours déterminée, comme à son habitude ».

Simone Gbagbo est assignée à résidence à Odienné, aux lendemains de son arrestation avec son époux, le 11 avril 2011, après cinq mois de crise postélectorale.
Source : La Lettre Diplomatique d'Abidjan