Le choix du dialogue fait par le Chef de l’Etat ivoirien, pour satisfaire les revendications des militaires, n'a pas eu d'effet sur le comportement de Monsieur Gnamien KONAN son ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique,

qui s'est déchaîné contre des enseignants au cours d’une réunion avec la Coordination Nationale des Enseignants et Chercheurs, ( CNEC) , un syndicat du secteur, le vendredi 21 novembre 2014 dans la Salle du Conseil de l’Université Félix Houphouët-Boigny, la principale université du pays, sise à Abidjan.

C’est un Gnamien KONAN prêt à en découdre qui s’est présenté aux enseignants, critiquant le texte introductif du courrier qui lui a été transmis par leur syndicat. Cette introduction indiquait qu’il avait pris pour habitude de les mettre devant le fait accompli, avec des décisions sans consultation préalable ; un reproche qui a constitué un véritable problème pour le Ministre.

 Moi le seul, moi victime des gens tapis dans l'ombre, moi seul que Ouattara écoute 

 

Selon Gnamien Konan, l’attitude des enseignants démontre qu’ils sont en mission au profit des mains occultes qui les manipulent, alors qu’elles sont tapies dans l’ombre. Le Ministre a soutenu que les enseignants sont manipulés par ces personnes pour se dresser contre lui afin qu’il sorte du Gouvernement ; alors qu’il serait « le seul avocat actuel qui a la possibilité de rendre compte au Président de la République afin de défendre les dossiers des enseignants ». Selon lui, ceux qui agissent dans l’ombre ne pourront pas atteindre leur but qui est de le faire échouer dans son action

Une méthode solitaire dénoncée

 

Dans la suite du débat qui s’est engagé sur le texte introductif du courrier de la CNEC, le Ministre a estimé ne pas se reconnaître dans les reproches relatifs à l’orientation hasardeuse des bacheliers 2014. Selon les enseignants, les informations concernant une certaine année préparatoire dès la rentrée 2014-2015 ne sont pas rassurantes, aussi bien pour les enseignants que pour les étudiants. Sur cette question, le syndicat reproche au ministre d’avoir agi en solitaire, en n’ayant pas consulté les principaux acteurs du système que sont les universités, les enseignants, les responsables des différentes scolarités en charge de ces questions habituellement.

Les choix des bacheliers non pris en compte

 

Selon, les griefs des enseignants, dans le mécanisme mis en place par le ministère, la plupart des bacheliers ont été orientés sans tenir compte de leurs choix respectifs même quand ceux-ci étaient conformes à la moyenne pondérée requise. Cette procédure, craignent-t-ils, peut créer chez les étudiants la démotivation, en plus du fait que les effectifs des bacheliers affectés ne tiennent pas compte des capacités d’accueil des différentes filières en général.

Une réforme unique au monde, selon les enseignants

 

Les enseignants de la CNEC ont également reproché au Ministre d’avoir engagé des réformes dans l’Enseignement Supérieur qui ne tiennent pas compte des normes internationales en vigueur. Il s’agit notamment de la durée du premier cycle de l’Enseignement Supérieur, la Licence, qui se fait en trois années dans toutes les universités du monde, mais que le Ministre veut rallonger à quatre ans avec une année préparatoire, « une propédeutique niaise » au cours de laquelle les étudiants feront deux semestres, le premier consacré à l’informatique, et le second, à l’anglais. Sur cette question, les enseignants ont fait savoir au Ministre que dans sa configuration actuelle, l’effectif global des étudiants de la première année de l’université Félix Houphouët-Boigny induit plus de 500 000 heures de cours et plus de 2 200 enseignants à mobiliser dans plus de 400 salles de classes et salles spécialisées (laboratoires de langue) pour le seul enseignement de l’anglais.

 Une vision solitaire et utopique ? 

 

Selon les enseignants, au regard de ces données, la vision de la tutelle apparaît comme une utopie. « Le Ministre navigue allègrement à vue. Cette “vision” ( !) de l’actuel Ministre de l’enseignement supérieur aura pour conséquence immédiate de mettre en péril l’avenir de plus de 60 000 bacheliers. Comme on peut le percevoir à l’avance, cette “vision” du ministre risque de sacrifier toute une génération d’Ivoiriens du fait d’une mauvaise orientation à partir de structures non outillées que le Ministre a activées pour contourner les structures spécialisées. La CNEC a estimé que ces différentes approches de l’actuel Ministre de l’Enseignement Supérieur constituent une voie sans issue pour la Côte d’Ivoire puisqu’elles sont de nature à compromettre l’avenir de toute une génération et par ricochet du pays lui-même », peut-on lire dans un compte rendu fait de cette réunion par un enseignant.

C’est fini pour votre Bacongo, ce qui a été signé avec lui, ne m'engage pas 

 

Un autre point d’achoppement de la rencontre a été le décret relatif au relèvement du taux de l’heure de cours dont la procédure de signature était suffisamment avancée avec l’ancien Ministre de l’Enseignement Supérieur, à en croire les enseignants qui assurent que des copies de document existent. Cependant sur cette question l’actuel Ministre a affirmé n'avoir nulle part, aucune trace de ce projet d'accord de décret. Les enseignants estiment qu’au nom du principe de la continuité de l’administration, il est inconcevable que Gnamien KONAN soutienne officiellement une telle allégation. Devant l’assistance le Ministre a dit: « Le Ministre Bacongo avec qui vous dites avoir trouvé des accords concernant certaines de vos revendications ne sera plus jamais Ministre, encore moins Ministre de l’Enseignement Supérieur en Côte d’Ivoire. C’est avec moi qu’il faudra tout renégocier. Il est illusoire de croire à l’éventualité de la consolidation d’éventuels accords qui auraient été trouvés avec lui. » C’est dans une atmosphère tendue que les échanges ont pris fin.

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