Premier trimestre 2012. Par voie d’affichage, 322 employés de la RTI apprendront leur licenciement. Des grosses têtes venaient ainsi de faire les frais des premiers mois de gestion d’Aka Sayé Lazare : Georges Aboké, Tonton Bouba, Awa Ehoura, Jacques Zadi, Jeff Aka et surtout Monsieur RTI Music, du nom de la chaîne musicale de la RTI qu’il a mise sur pied pour faire la promotion de la musique ivoirienne, Barthélémy Inabo Zouzoua (Biz). 

     Depuis, l’homme n’a vraisemblablement pas digéré ce débarquement. “Après 30 années de bons et loyaux services à cette boîte, apprendre par tableau d’affichage interposé qu’on a été viré, c’est inélégant et méchant” révèle Biz. L’homme était l’invité des animateurs d’une célèbre émission humoristique sur radio Nostalgie. Sans langue de bois, avec le franc-parler qu’on lui connaît, il garde une dent dure contre l’ex-DG de la RTI, entre-temps débarqué lui aussi : “Aka Sayé n’est pas mon ami et il ne le sera jamais. Le Directeur Général avec lequel j’ai travaillé avec beaucoup de bonheur et pour lequel j’ai beaucoup de respect se nomme Kébé Yacouba. Voilà un homme qui avait une large et claire vision de la télé en Côte d’Ivoire”.De son bébé, RTI Music, l’homme reste amer : “Ecoutez ! Kébé et moi avions de grandes ambitions pour RTI Music qui devait à terme devenir une chaîne musicale à part entière. Malheureusement, dès que Kébé a été débarqué, le nouveau DG a nommé à ma place Basile Blé. La suite on la connaît. Moi, je suis un fonctionnaire et je respecte la hiérarchie”.

Sur les raisons de son départ de la maison bleue, Biz ne prend pas de gants : “Je ne suis pas parti de la RTI, on m’a renvoyé comme un malpropre après plus de trente ans de présence dans cette boîte. J’ai beau réfléchir sur les raisons de mon renvoi, je vous  je vous assure, je ne vois pas. Dire que c’est parce que j’étais malade est une raison qui ne tient pas debout car j’ai fait transmettre par mon médecin traitant, de Paris, une attestation de bonne santé qui stipulait noir sur blanc que Barthélémy Inabo était en bonne santé. On ne peut aucunement évoquer non plus la question de l’âge. A l’heure où je vous parle, il y a des agents plus vieux que moi de plus de huit ans qui sont en service là-bas. Alors, après réflexion, il ne me restait qu’une seule conclusion : je suis de Issia, l’ancien président est de Gagnoa. Je suis bété, lui aussi. Donc j’ai fait les frais de mon appartenance à cette ethnie et on m’a jeté juste après la crise. Je trouve cela honteux et dangereux pour le pays”.

   A la question d’un animateur sur son éventuel retour à la RTI, Biz répond : “je veux être réhabilité.” L’autre insiste : “Si on vous demandait de retourner à la RTI, que répondriez-vous ?” Biz n’en démord pas : “je veux être réhabilité. Et avec moi tous ceux qui ont été renvoyés. Vous savez pourquoi c’est important cette réhabilitation ? Parce que lorsque Monsieur Ouattara ne sera plus aux affaires, il va falloir forcément un Président de la République, qui viendra avec ses hommes et si le DG de la RTI qui sera nommé renvoie ceux qui sont du bord de Monsieur Ouattara, ce sera dangereux. Et ce sera la même spirale après chaque élection. Ce n’est pas ce que je veux pour mon pays. Donc il faut que nous soyons réhabilités afin que soit réparée cette injustice et pour la sécurité même de ceux qui travaillent à la RTI aujourd’hui afin que leur destin ne soit pas lié au bon vouloir de ceux qui sont à la tête de la boîte” a-t-il martelé.

 
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Star Magazine