Monsieur le Président,

Vous avez bien voulu consacrer quelques heures de visite
à la Côte d’Ivoire ; le CONGRES NATIONAL DE LA RESISTANCE POUR LA DEMOCRATIE (CNRD) vous souhaite la bienvenue,en terre africaine !

Nourri à la sève du socialisme qui a fécondé de sa générosité
l’évolution de la société française depuis ses illustres animateurs tels que JEAN JAURES, PIERRE JOSEPH PROUDHON, LEON BLUM, GUY MOLLET et F R A N C O I S MITTERRAND, vous en êtes devenu l’héritier idéologique et le continuateur.

Quelle promesse d’espérance votre visite
nous réserve-t-elle ?
Espérance de ceux qui luttent pour la liberté et la dignité de
l’homme, de tout homme ?
Ou bien l’espérance de ceux qui réclament désespérément
la justice des hommes dans un désert de silence coupable,et implorent dans la foi celle de Dieu ?

Le Pays qui a le grand honneur de votre visite officielle,
n’a d’existence que de nom ;il a été profondément meurtri et défiguré, moralement affaibli par la guerre à lui livrée par Monsieur NICOLAS SARKOSY, votre prédécesseur,en vue de placer à sa tête un de ses amis. Pour y parvenir,il a rassemblé toutes les forces du mal, avec un arsenal
de guerre, à grande échelle,ayant réduit au silence toute
velléité de résistance.

La Côte d’Ivoire en deuil,gémit et pleure ses morts.
Profondément déchirée de l’intérieur, elle cherche en vain
un recours pour émerger du chaos. En réduisant ce pays au
silence, par la force brutale, il a écorné, en même temps
l’image de la France ; et voilà que vous survenez. Mais ce
Pays hospitalier ne peut, hélas, vous accueillir, dans l’enthousiasme et dans l’allégresse populaire,comme il a coutume de le faire pour ses hôtes de marque.

ne vous fiez pas aux apparences trompeuses ; votre
Pays n’est plus en odeur de sainteté en Côte d’Ivoire, à
cause de la folie de grandeur d’un Président français qui n’a
pas la retenue, la trempe et la sagesse qui conviennent aux
grands hommes d’État.La France, patrie de la LIBERTE,
DE L’EGALITE ET DE LA FRATERNITE a été pour la Côte d’Ivoire la fossoyeuse des nobles valeurs de la justice, du droit et de la démocratie.Dans leurs rages meurtrières, les bombardements massifs français sur notre Pays, ont détruit les biens matériels et les vies humaines,comme solution à un
conflit électoral ! Des déportations,des exils, des mprisonnements,des libertés surveillées sont les illustrations de la vie politique du pays qui vous reçoit. La brièveté de votre séjour ne vous permettrait pas, sans doute, de vous rendre compte de l’ampleur du désastre et de la profondeur de la blessure laissés par le passage de la bourrasque guerrière d’un Président français.

L’histoire des relations franco-ivoiriennes émaillée
d’heureuses séquences pacifiques de coopération, ne
mérite pas un tel dénouement chaotique.
À cet effet, nous joignons au présent courrier trois documents pour votre plus ample information.Le CONGRES NATIONAL DE LA RESISTANCE POUR LA DEMOCRATIE (CNRD),convaincu que vous prendrez vos distances à l’égard des pratiques antivaleurs de M.SARKOSY, vous saurait gré
de prendre des dispositions salutaires pour une coopération
normalisée entre nos deux Pays.Nous vous indiquons, à toute
fin utile, que la libération de tous les prisonniers politiques (civils et militaires) dont le Président Laurent Gbagbo, le Ministre Charles Blé GOUDE (détenus à la Cour Pénale Internationale),Mme Simone EHIVET GBAGBO;le retour de tous les exilés,sans autres formes de procès;le dégel des comptes bancaires de tous les « pro-Gbagbo » ;la libération des domiciles occupés ;l’arrêt de la politique de peuplement à l’ouest par les Burkinabès et leur renvoi au Burkina Faso;contribueront à panser les blessures et à ramener la paix en Côte d’Ivoire. Cette approche désamorcera, à coup sûr, la bombe à retardement chargée de rancoeur et de haine qui plane sur le futur des relations franco-ivoiriennes.Monsieur le Président de la République française, vous avez ainsi la solution du problème entre vos mains. Un geste de bonne volonté dans le sens à vous indiqué, serait de bon augure et profitable à la fois, à la France et à la Côte d’Ivoire, dans le respect réciproque et d’avantages partagés.

BON SEJOUR MONSIEUR
LE PRESIDENT ! ET CE,
AVEC L’ASSURANCE DE
NOTRE PROFONDE
CONSIDERATION.
Fait à Abidjan, le 14
juillet 2014
Pour le CnRD, le Président
Bernard BInLIn DADIE