SOURCE  notre voie  du lundi 16 juin 2014 :21:30

Bertine sylvie-aude tia monné est la présidente de l’union pour la démocratie totale en Côte d’ivoire (udtCi). dans cette interview


Fpi, Pascal Affi N’Guessan, qui était la semaine dernière
en tournée dans les régions du Denguélé et du Bafing, a
été empêché d’accéder à la ville d’Odienné par le maire
Rdr de la localité sous prétexte qu’un groupe de
jeunes gens était hostile à sa présence. Quel commentaire?
bertine sylvie-aude tia monné : Je tiens à vous dire
merci de m’avoir donné la parole sur cette question qui me
semble importante. depuis 2011, je n’ai jamais pris la parole.
ni à la radio, ni à la presse écrite. J’ai accepté de
vous répondre cette fois-ci parce que ce qui s’est passé
est grave à mes yeux. Je ne peux pas comprendre qu’on
parle de réconciliation, de paix, qu’un cadre de dialogue
entre le pouvoir et l’opposition soit mis en place, à cet effet, et qu’on interdise à un citoyen, un chef de parti politique, de
circuler dans une région de la côte d’ivoire.
et le plus grave, c’est que le ministre de l’intérieur nous dit
qu’il ne maîtrise pas les populations de cette région. alors
que son rôle est de contenir tout trouble en apportant son
expertise à l’autorité de police locale pour apaiser après un
examen des circonstances de lieu, de temps et du moment.
on oublie que la crise que connait la côte d’ivoire a pour
origine, selon certains, le nord. et, si aujourd’hui, une
décision d’interdiction intervient entre le pouvoir dirigé par
le rdr et le fpi qui est dans l’opposition, les mêmes
causes dans l’histoire des peuples, produisant les même
effets, nous qui sommes leaders des partis politiques, victimes et mères qui avons perdu des êtres chers, avons
des raisons de nous inquiéter. il ne faut pas nourrir le sentiment que la région d’odienné et le nord, en général, échappent à l’autorité de l’etat.

N.V. : Le Pouvoir estime que c’est le Fpi qui ne veut pas
la paix et organise des boycotts à tour de bras. Qu’en
dites-vous ?

b. s. a. t. m. : Quand on est à la recherche de la paix, il faut
avoir le courage de comprendre le fpi qui a des militants
en prison, en exil, avec leurs comptes gelés, les maisons
détruites ou occupées, les biens confisqués etc. toute
chose qui justifie légitimement sa position.

N.V. : La loi sur la réforme de la Commission électorale
indépendante (CEI) a finalement été adoptée par le Parlement. Qu’en pensez-vous?

b. s. a. t. m. : sur cette question, la position de l’Udtci
sera connue à travers l’alliance à laquelle nous appartenons.
N.V. : Comment se porte
l’UDTCI, votre parti politique ?

b.s.a.t.m. : L’union pour la démocratie totale en côte
d’ivoire (Udtci) est née en 2006. nous avons installé plusieurs bases, sections et coordinations
sur l’ensemble du territoire ivoirien. c’est à ce
titre que nous avons travaillé au sein de la majorité présidentielle (LmP) en 2010. nous sommes actuellement en train de mettre en place de nouvelles structures. et notre
adhésion à l’alliance est la preuve que notre parti se porte
bien.
 

N. V. : Pourquoi votre parti at-
il adhéré à l’Alliance des
forces démocratiques?

b.s.a.t.m. : Le combat politique ne peut être mené de
façon isolée. et, il est connu que l’union fait la force. c’est
donc tout à fait normal que nous qui étions hier dans la
majorité présidentielle ( LmP) autour du président Laurent
Gbagbo, nous nous retrouvions dans l’alliance
autour du fpi pour continuer la lutte.

N.V. : Mais votre parti était allié à d’autres formations
avant la création de l’Alliance. Qu’est-ce qui vous a
éloigné d’elles ?

b.s.a.t.m. : Quand le président affi n’Guessan est sorti
de prison, nous l’avons rencontré et nous nous sommes
mis d’accord pour faire bloc au niveau de l’opposition. c’est
ce que nous avons fait. Je suis donc persuadé qu’ils vont
nous rejoindre.

N.V. : Avec l’adoption de la loi sur la CEI, le régime
Ouattara dit avoir engagé le processus devant conduire
aux élections de 2015. On annonce même la reprise de
la confection de la carte nationale d’identité. Pensezvous
que la Côte d’Ivoire peut organiser des élections
en 2015 ?

b.s.a.t.m. : ce qui nous intéresse  actuellement c’est la
nation, la libération de tous les prisonniers politiques, le retour des exilés, la remise de tous les biens confisqués, le dédommagement de toutes les personnes dont les biens ont
été détruits ou volés, le désarmement des dozos, le règlement des problèmes fonciers, la mise en place d’une cei
consensuelle, la sécurité, le statut et le financement de
l’opposition, la réconciliation nationale et la paix. tant que
la réconciliation n’a pas eu lieu et la paix rétablie définitivement, il faut se garder de parler
d’élections