

Les faits s’accumulent, les signaux se répètent.
Prince Arthur Richard Dalli, maire de la commune de Lakota et ancien président de la Ligue des jeunes du PPA-CI, a été placé sous mandat de dépôt à l’issue de son audition devant un juge d’instruction, vendredi dernier.
Dans un autre dossier tout aussi révélateur, le procureur a requis de lourdes peines contre Jean-François Kouassi, dont le seul tort semble avoir été de dénoncer l’opacité entourant les concours de la fonction publique et de protester pacifiquement devant le ministère de la Fonction publique : 15 jours de prison ferme, 6 mois de prison avec sursis, 1 million de FCFA d’amende
Deux affaires, un même fil conducteur :
- la criminalisation de la contestation,
- la judiciarisation sélective de la parole citoyenne,
- et une justice qui semble frapper d’abord ceux qui osent dénoncer, questionner ou résister.
Dans un contexte marqué par des élections controversées, beaucoup y voient moins une justice indépendante qu’une justice des vainqueurs, appliquée après des braquages électoraux que nul n’a réellement eu le courage d’examiner.
À force de confondre ordre public et musellement politique, la justice prend le risque de perdre ce qui lui reste d’autorité morale.
Car une démocratie ne se mesure pas à la sévérité des peines infligées aux opposants,
mais à la capacité de l’État à tolérer la critique, garantir l’équité et protéger les libertés.
Jacques Roger
LECONSERVATEUR
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