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La filière cacao, poumon économique de la Côte d'Ivoire, traverse une zone de turbulences sans précédent en ce début d'année 2026. Entre chute des cours mondiaux et accumulation de stocks invendus, le gouvernement, avec en première ligne Téné Birahima Ouattara, se retrouve « au pied du mur » pour sauver le revenu des planteurs.
Une crise de surstockage alarmante
Depuis plusieurs semaines, le port d'Abidjan et les zones de production sont le théâtre d'un blocage majeur. Des centaines de milliers de tonnes de fèves (estimées jusqu'à 700 000 tonnes par certains syndicats) s'accumulent dans les entrepôts et les camions. Ce blocage est né du refus de plusieurs exportateurs d'acheter le cacao au prix bord champ fixé par l'État, alors que les cours mondiaux ont amorcé une chute brutale après les sommets de 2024.
L'État ivoirien en mode pompier
Face à la menace d'une paupérisation massive des 1,2 million de producteurs, le gouvernement a dû réagir fermement. En janvier 2026, l'État a annoncé une opération d'envergure pour racheter directement les stocks invendus afin de désengorger la filière.
Cependant, cette intervention pèse lourdement sur les finances publiques. Le 4 mars 2026, le gouvernement a été contraint de prendre une décision difficile : réduire de près de 60 % le prix d'achat aux producteurs, s'alignant ainsi sur la nouvelle réalité d'un marché mondial où la tonne est redescendue sous les 3 000 dollars.
Téné Birahima Ouattara : un rôle pivot
L'implication de Téné Birahima Ouattara, figure centrale de l'exécutif ivoirien, souligne la dimension politique et sécuritaire de cette crise. Le cacao faisant vivre près d'un quart de la population, toute instabilité dans ce secteur est perçue comme un risque pour la cohésion nationale. Sa présence « au pied du mur » évoque la nécessité de trouver un équilibre précaire entre les exigences des marchés internationaux et la survie économique du monde rural ivoirien.
Le gouvernement ivoirien a officiellement lancé la campagne intermédiaire de commercialisation du cacao 2025-2026 le mercredi 4 mars 2026.
Voici les points clés à retenir sur ce nouveau prix et le contexte de cette décision :
Le nouveau prix garanti
- Prix bord champ : Le prix minimum garanti aux producteurs a été fixé à 1 200 FCFA le kilogramme.
- Période d'application : Ce tarif est valable pour la "petite saison", qui s'étend de mars à août 2026.
- Qualité exigée : Ce prix s'applique au cacao dit de "bonne qualité", c'est-à-dire bien fermenté, bien séché et bien trié.
Une chute brutale de 60 %
Cette annonce marque un tournant difficile pour les planteurs, car le prix subit une baisse drastique par rapport à la campagne principale précédente :
- Dégringolade : Le prix passe de 2 800 FCFA/kg (octobre 2025) à 1 200 FCFA/kg, soit une réduction d'environ 57 % à 60 %.
- Raison principale : Cette baisse est la conséquence directe de la chute spectaculaire des cours mondiaux sur les marchés internationaux. Après avoir atteint des records en 2024, les prix du cacao ont fondu de près de 60 % en un an.
Pourquoi cette décision ?
Le gouvernement, représenté sur votre image par Téné Birahima Ouattara, se retrouve contraint par la réalité du marché :
- Réponse à la crise : Le maintien d'un prix artificiellement élevé aurait mis en péril le fonds de stabilisation de la filière.
- Désengorgement des stocks : Le pays fait face à un surstockage massif. Fixer un prix plus bas vise à encourager les exportateurs à reprendre leurs achats, alors qu'ils bloquaient la filière depuis des semaines.
- Comparaison régionale : À titre indicatif, cet écart de prix crée des tensions avec le voisin ghanéen, où les prix sont actuellement plus élevés, ce qui pourrait encourager la fuite du cacao ivoirien vers les frontières.
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