
Abidjan brille sous les projecteurs, mais ses enfants s'éteignent dans l'ombre. Derrière les discours lisses de croissance et les inaugurations de ponts en grande pompe, se cache une réalité que personne n’ose regarder en face : la Côte d’Ivoire est en train d'assassiner l'espoir de sa propre jeunesse.
L'arnaque du diplôme : Le ticket pour le néant
Pendant des décennies, on a répété aux enfants de la République : « Travaille à l’école, et tu réussiras. » Aujourd'hui, ce mensonge est devenu un poison mortel. Les amphis sont bondés, les parents s’endettent jusqu'au sang, les étudiants s’épuisent. Pour quoi ? Pour que le Master finisse en tas de papier inutile servant à emballer des beignets au bord de la route. En Côte d'Ivoire, le diplôme n'est plus un passeport pour l'avenir, c'est une condamnation à la dépression.
Le mur invisible du népotisme : Le règne du « Nom »
Le mérite est une notion qui a été enterrée avec les pères fondateurs. Aujourd'hui, pour décrocher un entretien, il ne faut pas avoir la tête pleine, il faut avoir le « bras long ». Si tu n'as pas de parrain, si tu ne fais pas partie du cercle des privilégiés, tu n'existes pas. Le système ne cherche pas les meilleurs, il place les siens. C'est une aristocratie déguisée qui regarde les enfants du peuple moisir sur le trottoir.
La dignité piétinée : Esclaves modernes
Regardez ces jeunes : des licenciés qui vendent du crédit d'appel sous un soleil de plomb, des ingénieurs qui conduisent des VTC, des diplômés en droit qui deviennent gérants de cabines. On ne travaille pas pour vivre, on s'humilie pour ne pas mourir de faim. Ce n'est pas de l'emploi, c'est de l'esclavage moderne déguisé en « débrouillardise ».
Conclusion : Un Gouvernement de Bâtisseurs de Murs, pas d'Avenirs
Pendant que nos ministres se pavanent dans des cortèges rutilants payés par la sueur d'un peuple qui suffoque, ils contemplent avec un mépris souverain cette jeunesse qu'ils ont eux-mêmes condamnée à l'inexistence. Ils inaugurent du béton pour masquer le vide qu'ils ont créé dans nos assiettes et dans nos rêves.
Gouverner, c'est prévoir. Mais ici, gouverner signifie se servir et mépriser ceux qui restent. Vous vous gargarisez de chiffres de croissance dans vos bureaux climatisés, mais la seule chose qui croît réellement, c’est le désespoir. Vos fils et filles étudient dans les plus grandes universités du monde pour revenir prendre les places de force, tandis que l'enfant du peuple est réduit à quémander un stage de misère que vous lui refusez avec dédain.
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