
Incarcéré depuis le 30 septembre 2011, Coulibaly Yacouba détient le triste record d'un dossier oublié par la justice ivoirienne. Inculpé pour complicité de meurtre et tentative d'extorsion de fonds, cet homme traverse une éternité carcérale sans qu’aucun procès n’ait encore statué sur sa culpabilité ou son innocence. Depuis une décennie et demie, les procédures dorment dans les tiroirs, illustrant de manière flagrante les dérives de la détention préventive prolongée en Côte d'Ivoire.
Une lenteur judiciaire qui viole les droits humains
Le cas de Coulibaly Yacouba met en lumière les dysfonctionnements profonds de l'appareil judiciaire. Quinze années d'attente en prison sans condamnation dépassent l'entendement et violent les traités internationaux relatifs aux droits de l'homme, ratifiés par la Côte d'Ivoire, qui garantissent le droit d'être jugé dans un délai raisonnable.
- Date d'arrestation : 30 septembre 2011.
- Inculpations retenues : Complicité de meurtre, tentative d'extorsion de fonds.
- Statut actuel : Détenu préventif, toujours dans l'attente d'un jugement.
Le problème systémique des « oubliés » de la prison
Cette situation n'est malheureusement pas isolée, mais elle atteint ici un seuil critique. La surpopulation carcérale et l'enlisement des instructions transforment la détention préventive, censée être une mesure d'exception, en une peine de prison ferme déguisée et arbitraire.
Alors que les réformes de la justice sont régulièrement évoquées pour désengorger les pénitenciers et accélérer le traitement des affaires, le dossier de Coulibaly Yacouba reste totalement paralysé.
Un appel urgent à l'action
Combien de temps encore la justice ivoirienne va-t-elle ignorer ce dossier ? La complicité de meurtre et la tentative d'extorsion de fonds sont des accusations graves qui nécessitent la tenue d'un procès équitable, où les preuves doivent être présentées.
Aujourd'hui, maintenir un citoyen quinze ans derrière les barreaux sans l'avoir jugé s'apparente à un déni de justice. Il est urgent que le ministère de la Justice et les organisations de défense des droits de l'homme se saisissent de ce cas pour que le droit soit enfin appliqué.

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