
ABIDJAN — La dernière restructuration des instances dirigeantes du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) provoque des vagues dans le paysage politique ivoirien. En calquant la structure de son nouveau comité de direction sur les anciens schémas de son rival historique, le camp d'Alassane Ouattara s'attire les foudres des observateurs, qui y voient un manque flagrant d'innovation et d'audace.
Une réorganisation sous le signe du mimétisme
L'annonce de la nouvelle architecture de commandement du parti au pouvoir suscite un sentiment de déjà-vu. Conçu pour resserrer les rangs et dynamiser la base, ce nouveau comité de direction s'apparente, selon ses détracteurs, à une réplique tardive de la direction collégiale autrefois théorisée et mise en place par Laurent Gbagbo. Ce choix managérial interroge sur la capacité de renouvellement de la machine politique du pouvoir actuel.
L’ombre de la méthode Gbagbo
Pour l’opposition et une partie de la presse indépendante, cette décision sonne comme un aveu. Emprunter les codes organisationnels du socialiste Laurent Gbagbo pour les appliquer au parti libéral d’Alassane Ouattara démontre les limites des schémas de gouvernance interne actuels. Là où le modèle d'origine reposait sur une collégialité militante et une décentralisation des décisions, la version du RHDP est perçue comme une tentative de contrôle vertical déguisée, vidée de son essence participative et de son audace politique.
Les défis d'une fin de cycle
Cette refonte cosmétique intervient dans un climat politique de transition et de positionnement. Face aux urgences sociales et aux défis électoraux à venir, le choix de copier une recette du passé plutôt que d'inventer un modèle managérial moderne trahit une certaine frilosité. En se focalisant sur le verrouillage de l'appareil militant au détriment de l'ouverture, le parti au pouvoir s'expose à une critique majeure : celle de ne plus savoir surprendre ni inspirer la jeunesse ivoirienne.
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