Tollakouadiokro, quartier précaire de Bouaké, se singularise par ses branchements anarchiques. Les fils électriques traînent partout. Et cela constitue un danger pour les habitants. Surtout pour les enfants qui s’en servent pour jouer, au risque de se faire électrocuter. En réalité, la mort rôde de façon permanente dans ledit quartier. 

Selon le chef de ce quartier, Amara Bamba, les branchements anarchiques ont déjà provoqué la mort de deux personnes. L’un se faisant passer pour un électricien, s’est fait électrocuter. Il voulait raccorder deux fils électriques qui traînaient. 

Quant au second, il  a trouvé la mort au niveau des établissements Robert Gonfreville où il habitait. A la suite d’une panne intervenue dans le secteur, il était privé d’électricité. C’est en voulant remédier à cette situation en ramassant des fils électriques mouillés qu’il s’est fait électrocuter. Amara Bamba a signalé  plusieurs cas de court-circuit qui ont causé d’énormes dégâts matériels.
 

Malgré tout, les habitants de Tollakouadiokro continuent de se procurer de l’électricité à partir des quartiers tels que Dar-es-salam et Beaufort sans payer de facture. Ouattara Brahima, étudiant en master 1 en gestion à l’université Alassane Ouattara de Bouaké, reconnaît que les branchements anarchiques sont dangereux pour eux. 

Mais il s’empresse de dire que c’est par manque de moyens financiers que nombre de personnes ne peuvent s’abonner au réseau électrique national. C’est la raison pour laquelle il souhaite que le coût de l’abonnement à la Cie soit en deçà de 100.000 F cfa. Diomandé Sékou Tiémoko, fonctionnaire à la retraite, ajoute qu’il faut, au préalable, s’adresser à Securel où les installations électriques sont approuvées. C’est seulement après cela qu’il faut penser à l’abonnement à la Cie. Cette procédure qui nécessite de l’argent, n’est pas à la portée de toutes les bourses. 

 En attendant, les autorités compétentes se préoccupent de leur situation. Depuis l’année dernière, dans le cadre du Programme présidentiel d’urgence (Ppu), 118 poteaux électriques ont été installés dans ce quartier.
 

 Coulibaly Vamara, employé de commerce à la retraite, pense que depuis, les mentalités sont en train de changer. 
D’autant que certaines personnes, a-t-il dit, ont profité de la baisse des tarifs sous forme de promotion qui a été faite par le gouvernement pour s’abonner au réseau électrique. Dagnogo Bakari, commerçant, a mentionné qu’il a saisi cette aubaine en faveur des couches les plus défavorisées, à hauteur de 20.010 F cfa, pour se faire installer 3 compteurs électriques à son domicile, chez  ses enfants et  locataires. Koné Amadou, technicien radio-télévision, plaide néanmoins pour que davantage de poteaux soient installés afin que l’ensemble des habitants s’attachent les services de la Cie. 

Sow Ibrahim, couturier,  quant à lui, exprime sa gratitude au  Président de la République, Alassane Ouattara et à son gouvernement pour leur avoir permis de bénéficier d’un tarif avantageux pour s’abonner au réseau électrique.

Il a invité tous les habitants de Tollakouadiokro à se débarrasser des branchements anarchiques qui sont dangereux au profit de l’abonnement régulier qui offre plus de sécurité et de confort. Nous avons tenté en vain de  contacter Rolland Koffi, le directeur régional de Compagnie ivoirienne d’électricité. 

Adjé Jean-Alexis

Source : Fraternite Matin |   Samedi 11 Janvier 2014