Bouaké sous tension/ Les soldats mutins renvoient les Imams et lancent un ultimatum à Ouattara: « Payez nos primes sinon… »

Bouaké sous tension/ Les soldats mutins renvoient les Imams et lancent un ultimatum à Ouattara: « Payez nos primes sinon… »

Les négociations entre les soldats-mutins de Bouaké qui revendiquent des arriérés de primes, et les guides religieux musulmans, ont accouché d’une souris. Les imams se sont vus opposer une fin de non recevoir par les mutins.

Ces négociations avaient lieu au siège régional du conseil supérieur des imams de Côte d’Ivoire (COSIM) à la grande mosquée de Djougouba à Bouaké.

Les soldats mutins, qui soupçonnent les imams de vouloir les piéger, exigent ni plus ni moins, le paiement de leurs arriérés de primes « pour enlever Laurent Gbagbo », arguant avoir consenti des sacrifices en acceptant des retards, et exigeant que le Président Alassane Ouattara tienne parole en faisant maintenant sa part.

Le président du Cosim, le Cheick Boikary Fofana, arrivé d’Abidjan le 25 avril 2017, porteur d’un message d’apaisement du Président Alassane Ouattara, a même été pris à partie par les soldats mutins. Il était venu en renfort après une première semaine de négociations sanctionnée par un échec.

Les guides religieux ont encore remis le couvert le mercredi 26 avril. Nouvel échec. Les mutins ont brillé par leur absence, obligeant le Cheick Boikari Fofana et sa délégation à retourner bredouille à Abidjan.

 

Pour les mutins, c’est désormais clair : « Pas de jeux de la Francophonie si leurs primes ne sont pas payées ».

Autrement dit, ils entendent empêcher la tenue des VIIIe jeux de la francophonie en Côte d’Ivoire s’ils n’obtiennent pas gain de cause.

Pour rappel, ces soldats mutins de Bouaké, au nombre de 8500 et ex-rebelles de forces nouvelles de Guillaume Soro, exigent le versement de l’intégralité des 12 millions de francs CFA promis par le Président Alassane Ouattara, après avoir touché un acompte de 5 millions de Fcfa en janvier dernier. Le reste, 7000.000 Fcfa par soldat, devait être versé ensuite tous les mois.

Mais suite à un accord négocié avec l’Etat, les versements de 1 million de Fcfa par mois, avaient été suspendus pendant trois mois. C’est donc de bon droit qu’ils attendent leur reprise maintenant, arguant avoir fait leur part.

Ils rejettent les appels à la patience des imams au motif que ces versements avaient créé un appétit chez toutes les couches sociales, notamment les fonctionnaires, et appellent le Président Alassane Ouattara à respecter sa parole, sinon...

Déjà à Bouaké au moment où nous mettons sous presse, les commerces et les bureaux ferment , et les populations désertent la ville, par crainte du pire.

 

Nous y reviendrons.

 

Serge Touré avec une source jointe sur place