La rencontre entre Charles Blé Goudé et Guillaume Soro, à La Haye, le dimanche 24 novembre 2019, a suscité une vague de réactions en Côte d'Ivoire. 

 

Des partisans du président du Congrès panafricain pour la justice et l'égalité des peuples (COJEP) ont été offusqués par l'audience accordée par leur mentor à l'ancien chef rebelle, considéré comme un farouche adversaire. 

Mais lors d'un échange avec des journalistes ivoiriens vivant en France, vendredi 17 janvier 2020, le filleul de Laurent Gbagbo est allé plus loin en confiant qu'il a pardonné à son ennemi d'hier. 

 

 Charles Blé Goudé pourra-t-il recevoir un jour Guillaume Soro ? 

 

La question s'est longtemps posée au moment où l'ex-ministre de la Jeunesse, de l'Emploi et de la Formation professionnelle de Laurent Gbagbo était encore détenu à la prison de Scheveningen. 

 

Le fondateur du COJEP a accordé des audiences à plusieurs personnalités politiques, mais n'avait pas daigné recevoir le député de Ferké. Le 15 janvier 2019, Charles Blé Goudé, qui était jugé par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l'humanité, a été acquitté par les juges de cette juridiction. Libéré sous condition, l'ex-secrétaire général de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire (FESCI) s'est engagé sur la voie de la réconciliation nationale. 

 

C'est d'ailleurs ce qui l'a poussé à affirmer sa ferme volonté de rencontrer tous les acteurs politiques ivoiriens. C'est l'une des raisons pour lesquelles Charles Blé Goudé a accepté de rencontrer Guillaume Soro, comme il a confirmé lors d'échanges avec des journalistes ivoiriens résidant en France. 

   "Chacun directement ou indirectement a été une victime de cette crise-là. je pense qu'en tant qu'acteur politique majeur de ce qui est arrivé à notre pays, c'est à nous d'indiquer la voie, mais avec sincérité", a déclaré Charles Blé Goudé, avant de soutenir que "tout ne se résume pas seulement qu'à des calculs politiciens". Parlant de sa rencontre avec Guillaume Soro, il a fait savoir qu'il était important de se rencontrer. 

 

  "Il était important qu'on se rencontre. C'est un pas qui devrait être encouragé par toutes les parties (...) on est ami, on a appartenu au même syndicat d'étudiants, j'ai été son secrétaire national à l'organisation, il a été mon secrétaire général, j'ai partagé des cellulles de prison avec lui", s'est-il exprimé. 

 

 Poursuivant, l'ancien "général de la rue" révèle avoir fait table rase du passé. À propos de Guillaume Soro, il a confié : "Oui, je lui pardonne et je lui ai pardonné.".