« Comment les kits opératoires et d’anesthésie peuvent-ils être incomplets ? Pourquoi les kits sont livrés dans des sachets plastiques ouverts pendant que la Pharmacie de la santé publique (Psp), dans sa nouvelles politique, ravitaille les centres de santé avec des kits scellés ?

 

Comment des personnes désignées pour être à leur poste n’y sont pas tous, sans que les premiers responsables réagissent ? Comment favoriser un laisser-aller dans un environnement où on parle de vie ou mort ? (…)

 

Nous dénonçons un dysfonctionnement grave dans les unités de soins, mauvaises collaborations des administrateurs de garde et un manque criard de kits opératoires et d’anesthésie ». Ce post, sur les réseaux sociaux, est du Dr Kanté Almami, médecin chirurgien en service au Centre hospitalier et universitaire (Chu) de Bouaké. Cela lui vaut d’être traduit devant le tribunal de première instance de Bouaké par le directeur du Chu de cette ville,

 

le Pr Diané Bamourou pour diffamation. 

Faut-il en rire ? Oui absolument ! L’auteur du post ne dit rien d’autre que ce que l’on constate quotidiennement dans nos hôpitaux. Avouons d’ailleurs que le Dr Kanté n’a pas suffisamment décrit la triste réalité que l’on vit dans ces établissements qui, en vérité, font la honte du système sanitaire ivoirien. Notre centres de santé sont de véritables couloirs de la mort et tous ceux qui vivent en Côte d’Ivoire le savent et ce n’est guère un mystère. Des hôpitaux sous-équipés, mal entretenus et qui ont en leur sein des services d’accueil les plus nuls ne sont pas du tout quelque chose d’inédit au point où l’on pousse le bouchon à poursuivre celui qui en parle en justice. 

 

Awa Fadiga, la jeune mannequin est morte au Chu de Cocody en 2013, une jeune dame, il y a juste quelques mois, a perdu la vie, alors qu’elle était en couche l’hôpital de Marcory. Ces faits de cette nature sont tout bêtement courants dans nos hôpitaux sous le regard impuissant et parfois négligeant de ceux qui gouvernent ce pays. Si dénoncer ces réalités c’est s’attirer des ennuis judiciaires, alors nous sommes de ceux qui sont prêts à se faire menotter parce que nous ne nous tairons pas, tant que ces hôpitaux seront des lieux où l’on s’y rend pour attendre la mort.