Publié le jeudi 4 septembre 2014 | Notre Voie

Hier, dans nos colonnes, le président du front populaire
ivoirien (fpi), Pascal affi n’Guessan, a été clair.
au sujet de chacune des nombreuses rumeurs distillées
par la presse sur son compte, il a tenu à dire sa
part de vérité. a propos de la question cruciale de l’entrée éventuelle du parti à la rose dans le gouvernement
ouattara, il a battu la rumeur en brèche. on pourrait
donc dire voilà qui est clair. et que cette mise au
point devrait suffire pour calmer tout le monde.
mais, bien entendu, les adversaires du fpi balayeront
ses arguments d’un revers de la main. convaincus
qu’ils sont de leur position. il faudra alors qu’ils apportent
la preuve de leurs dires sinon ils pourront être accusés d’acharnement gratuit. et pourtant, ils sont nombreux
parmi eux qui, pour avoir été dans la direction
du fpi pendant de longues années, savent combien
de fois, dans la vie du parti, le président Laurent
Gbagbo lui-même a fait face à la rumeur aveugle.
L’obligeant parfois à sortir de lui et à déplorer ouvertement
la trop grande crédulité de certains de ses
camarades. a titre d’exemple, on peut citer trois
grandes périodes, entre 1995 et 2000, au cours
desquelles le président Laurent Gbagbo a été accusé
d’avoir trahi et vendu la lutte. il s’agit, notamment,
des discussions fpigouvernement en 1998, de
la folle rumeur qui a laissé croire que le président
Gbagbo avait décidé, dans le cadre du front républicain,
d’être le Premier ministre d’alassane ouattara
et de l’autre rumeur distillée vers la fin de la transition
militaire tendant à faire croire que le président
Gbagbo avait fait un deal avec le général Guéi pour
l’accompagner. en effet, les militants du fpi
savent qu’à la suite du boycott actif de la présidentielle
de 1995 et des nombreux emprisonnements
de militants qui ont suivi, mais aussi pour trouver
des solutions consensuelles sur les questions
liées à l’organisation des élections de 2000, le président
Laurent Gbagbo avait engagé, plusieurs mois durant,
des négociations avec le gouvernement Pdci du
président henri Konan Bédié. ces négociations,
qui se sont achevées au cours du dernier trimestre
de l’année 1998, ont fait l’objet de vives critiques à
l’intérieur du fpi et de la part de l’allié de l’époque,
le rdr. Les accusations de tout genre contre le président
Gbagbo et son choix de la discussion avec le
pouvoir Pdci étaient tellement assourdissants que le
leader du fpi avait été obligé de solliciter des interviews
dans tous les médias du service public, la
radio, la télé et fraternité matin notamment, pour
s’expliquer et faire partager à l’opinion sa vision.
non sans oublier que plusieurs délégations du parti
avaient été envoyées à travers tout le pays pour donner
la position de la direction du parti. Le président
Gbagbo s’était publiquement agacé de la
propension qu’avaient certains cadres et militants à
donner du crédit aux rumeurs et autres ragots. et,
à l’époque, les fabricants de rumeurs, acculés par la
vaste campagne d’explication, avaient battu en retraite.
mais pas vraiment pour longtemps. Puisqu’à
la fin du deuxième trimestre de 1999, avec l’annonce
du retour d’alassane ouattara, ils vont reprendre
du service. cette fois pour faire croire que le patron du
fpi avait décidé de ne pas être candidat, mais de s’aligner
derrière le champion du rdr. Là encore, ils étaient nombreux, les militants du fpi, à tomber dans le panneau et à s’émouvoir dans les bases. Là encore, pour couper court à tous les mensonges qui avaient le don de l’irriter, le président Laurent Gbagbo avait choisi d’annoncer sa candidature au congrès de 1999 et de la faire entériner par
l’instance suprême du parti. Pris de court, les adeptes
des rumeurs avaient encore été obligés d’admettre
leur défaite. momentanément. Pour remettre le couvert
vers la fin de la transition militaire.
en effet, après le coup d’etat du général Guéi et
sa brouille avec le rdr, le fpi s’était trouvé dans une
position plus confortable au sein du gouvernement de
transition. et, au moment des candidatures, celle du
président Gbagbo était la seule parmi les poids
lourds à être retenue. il n’en fallait pas plus pour
que les mêmes reprennent du service. cette fois,
c’était que Gbagbo avait fait un deal avec Guéi pour
l’accompagner aux élections. se faire battre et être
son Premier ministre. une fois de plus, ils avaient été
nombreux, les cadres et militants du fpi qui avaient
mordu à l’hameçon. obligeant le président Gbagbo,
qui recevait les populations originaires du pays Yacouba
à mama, son village, à parler d’hommes de peu
de foi. Le président Gbagbo s’était alors dit
écoeuré que ses propres compagnons de lutte qui le
connaissent depuis de longues années et
connaissent le sens de son combat préfèrent accorder
du crédit à ses adversaires. une fois encore, la victoire
du président Gbagbo à la présidentielle de 2000 avait
rabattu le caquet à ces pêcheurs en eau trouble.
avec ce qui se passe aujourd’hui au fpi, on peut
malheureusement constater que les rumeurs ont la
peau dure .