Comment expliquez-vous le silence des autorités face à cette situation ?

Comment expliquez-vous le silence des autorités face à cette situation ?

Yacou le Chinois est un nom qui revient sans cesse sur les lèvres des habitants d’Abidjan (la capitale économique de la Côte d’Ivoire). Les populations de la grande métropole ivoirienne ont fini par mettre un visage sur ce nom. Il s’agit du plus célèbre prisonnier du pays. Il règne en maître absolu à la MACA et se livre à des orgies au nez et à la barbe des autorités ivoiriennes.

 

Yacou le Chinois viole tous les interdits

 

Yacou le Chinois vient encore une fois de faire parler de lui. Initié par l’ONG N’GBÔADÔ, l’Opération Prison Propre et Concert (OPPC) a permis de toucher du doigt les réalités de la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan (MACA). Dans la plus célèbre prison abidjanaise, c’est bel et bien ce détenu qui fait la loi face à l’impuissance du régisseur. Le célèbre détenu s’est livré à une parade en distribuant des billets de banque aux artistes venus rehausser de leur présence cette manifestation mais aussi à ses co-détenus. C’est un fait insolite qui mérite d’être évoqué. Qui est-il en réalité ?

 

Yacou le Chinois est un multi-récidiviste. Condamné une première fois à vingt ans de prison en 2010 pour vol aggravé avant d’y retourner quelques années plus tard pour des cas d’agressions, de vols, de braquages et même de meurtres. Entre temps, il aura enfilé la tenue des Forces Nouvelles (forces fidèle au chef de l’Etat ivoirien Alassane Ouattara) durant la crise post-électorale.

 

Une enquête réalisée par nos confrères de Jeune Afrique a étalé les différentes facettes de l’homme via des témoignages. C’est le cas de ce monsieur incarcéré à la MACA et qui a préféré garder l’anonymat pour ne pas subir le courroux du nouveau maître des lieux : « Yacou se comporte comme le chef de la Maca, ce qu’il est de toute façon. Il peut aller partout, dans tous les bâtiments, toutes les cellules, toutes les cours, avec la complicité des gardes et des chefs de bâtiment officiels. »

 

En mai, Eugène Nindorera, le chef de la division droits de l’homme de la Mission des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci), déclarait au micro de rfi : « Yacou le Chinois est quelqu’un qui a le sentiment d’être au-dessus des lois et qui bénéficie de certaines protections. Il faudrait mettre fin à cette situation le plus rapidement possible. »

 

Comment expliquez-vous le silence des autorités face à cette situation ?