Dans la guerre des tranchées qui oppose des ''syndicats'' rivaux dans le district d'Abidjan, des médias ont indexé des chefs militaires dont les commandants Chérif Ousmane et Wattao. Réagissant à ses accusations, Issiaka Ouattara dit Wattao a expliqué le rôle qu'il joue dans cette affaire. 

Le commandant en second du Centre de Coordination des Décisions Opérationnelles (CCDO) et de la Garde Républicaine (GR), dit avoir oeuvré en vue de ramener la quiétude dans ses différentes gares routières. Et voici sa solution à lui : « Nous ne voulons pas qu’il y ait du désordre à la gare mais il y a un groupe de syndicats qui veut imposer son diktat et avoir le monopole sur ces lieux. 

Je leur ai fait savoir qu’ils n’avaient pas le droit de tout monopoliser », a-t-il confié au journal Le Patriote, dans sa livraison du vendredi 10 janvier 2014. De cette réaction, transparaît une reconnaissance des activités de ces groupes informels pompeusement appelés ''syndicats''. Et c'est là le problème. D'abord, Wattao le reconnait lui-même, l'on n'a pas affaire à des syndicalistes ordinaires, mais à des groupes ou individus armés.

« Pour moi, il est inconcevable d’être syndicaliste et posséder une arme. J’ai, par ailleurs, demandé à tous les syndicats des chauffeurs, transporteurs et assimilés (chargeurs et coxers) qui possèdent encore des armes, de les déposer. Nous allons procéder à des perquisitions, fouiller les gares et aller dans les domiciles de ces syndicalistes. Tous ceux qui seront pris avec des armes répondront de leurs actes devant les juridictions ivoiriennes. 

Et ils n’exerceront plus leur activité syndicale », a-t-il menacé. Mais pourquoi autoriser leur présence alors que la mission d'une formation syndicale, c'est la défense des intérêts de ses membres et non d'imposer des taxes illégales qui échappent à tout contrôle des pouvoirs publics ? Le laxisme vis-à-vis de ces ''syndicats'' constitue un blanc-seing qui, aux yeux de ces derniers, les autorise à poursuivre leurs activités qui, généralement, sont sources de troubles à l'ordre public. 

Briser le monopole de ces groupes informels n'est donc pas une solution à long terme comme le soutien le commandant en second de la GR. Car cela contribue à alimenter des confits d'intérêts à forte odeur pécuniaire. Des transporteurs que nous avons interrogés militent beaucoup plus pour l'interdiction de leurs activités. 

« On nous rançonne au vu et au su de tout le monde ; si nous refusons de payer, on nous bastonne comme de vulgaires bandits alors que ce sont eux les bandits », s'est emporté Coulibaly Issa, un chauffeur de taxi. « C'est une mafia qui sévit et non des syndicalistes », a-t-il ajouté, comme pour interpeller les autorités sur les dangers qui menacent la vie des populations abidjanaises. Et la mission des services de police, c'est de neutraliser ces groupes armés. 

 

Source : L'Inter |   Samedi 11 Janvier 2014