CONNAÎTRE LAURENT GBAGBO, L'HOMME D’ÉTAT. 

" Si vous détestez le président Gbagbo, il ne faut surtout pas l'approcher parce que vous risquez de l'aimer", disait Roger Banchi, un de ses anciens ministres issus de la rébellion. Notre rôle à nous, c'est donc de faire connaître l'homme le plus dénigré à tort, selon l'avocat sénégalais Cheikh Koureyssi Ba, à ceux qui le détestent sans le connaître parce que ne pas le faire, ce serait choisir de les maintenir dans l'ignorance de la pensée, des actions, de l'ambition de cet homme pour la Côte d'Ivoire et pour l'Afrique.

 Aujourd'hui, nous parlerons donc encore de Laurent Gbagbo et de sa politique inclusive, très loin du tribalisme que certains médias, français surtout, ont voulu accoler à son image. On se souvient qu'en pleine crise post-électorale, des intellectuels français, avec d'autres africains, sous la houlette de Jean-Pierre Dozon, avaient signé une tribune dans le journal Le Monde sous le titre de " Laurent Gbagbo, chef ethnocentriste ". Curieusement, ceux-là qui étaient hier si prompts à crier sur tous les toits, se taisent aujourd'hui alors que le tribalisme n'a jamais autant imprégné la politique d'un régime au pouvoir en Côte d'ivoire. .

 Le président Gbagbo est un homme d'état qui a eu un rapport républicain aux institutions de son pays. L'armée, l'administration du territoire, la justice, la police, les finances, la douane, le trésor, etc n'étaient pas au service du président de la république, ni au service d'un parti politique, mais du pays.

 Mais on pourrait aussi parler de la politique de décentralisation et donc de redistribution des richesses qui répondait au souci du président Gbagbo de ne pas capter les ressources du pays au profit de sa région d’origine ou de sa ville d'origine pour en faire un Yamoussoukro bis , mais de les répartir équitablement pour permettre un développement équilibré de la Côte d’Ivoire. C'est dans cet esprit qu'il a créé les conseils régionaux. Car le tribalisme, ce n’est pas seulement privilégier les personnes issues de son ethnie ou de sa région d’origine au détriment des personnes d'autres ethnies et régions, c’est aussi privilégier sa propre région au détriment des autres régions.

 On ne peut donc pas incriminer le président Gbagbo en voulant le faire passer pour un homme qui mettrait son ethnie au centre de son action politique, pour " un chef ethnocentriste" comme l'ont fait avec légèreté ces personnes mobilisées par le pro-Ouattara Jean-pierre Dozon en pleine crise postélectorale de 2010, et comme a aussi tenté de le faire croire le procureur Fatou Bensouda de la CPI en mettant tous les officiers supérieurs dans l'ethnie de Gbagbo pour faire croire que le commandement militaire était d'essence ethnique.

 Bien au contraire, on devrait même rendre hommage au président Gbagbo car, non seulement il n’a pas fait le choix de privilégier sa région ou sa ville d’origine, mais il a, en homme politique responsable préoccupé par l'intérêt du pays, poursuivi le développement de la capitale politique Yamoussoukro, pour que les investissements colossaux qui y avaient été déjà faits par le président Houphouet ne soient pas perdus. Le président Henry Konan Bédié lui, avait agi différemment en déplaçant sans le dire la capitale politique chez lui à Daoukro alors que Ouattara qui avait pourtant promis d'y vivre, ignore Yamoussoukro qui se trouve aujourd'hui dans un état déplorable dont il vient brusquement de se rendre compte

 D’ailleurs, les ivoiriens qui ont compris que le président Gbagbo avait une politique inclusive, une politique de rassemblement par sa gestion des ressources humaines et par une redistribution équitable des richesses, le lui ont bien rendu puisque la carte électorale du premier tour de l'élection présidentielle de 2010 a montré qu’il avait un électorat national. 11 régions gagnées par Gbagbo sur 19.

 Oui, le président Gbagbo est un rassembleur. D’ailleurs, il n’y a qu’à voir ceux qui l’entouraient à leurs risques et périls, au moment où il a été capturé par les militaires français et remis aux forces de Alassane Ouattara. Ils étaient de partout qui sont venus endurer avec lui les bombes françaises. Et il n’y avait aussi qu’à voir après la liste des prisonniers politiques détenus au nord. La liste des exilés permet également de voir que les soutiens du président Gbagbo étaient d'origines diverses, et c'est toujours le cas

 Le dernier mot pour finir sera que si le président Gbagbo était allé au terme du dernier mandat que le peuple de Côte d’Ivoire lui a accordé, il n’aurait pas eu comme successeur une personne issue de son ethnie puisqu’il n’avait positionné personne dans ce sens, contrairement à d’autres. Il n'y a pour le vérifier qu'à regarder la structure de la direction de son parti ( Affi Nguessan, Sangaré Abou Drahamane, Simone Gbagbo, Koulibaly Mamadou, ne sont pas des Bétés) et les personnes à la tête des institutions de la république. Laurent Gbagbo est un homme d'état qui pense plus à son pays qu'à lui-même, à son ethnie, et même à son parti.

 

Alexis Gnagno 

Avec Alexis Bayoro Gnagno Excellence Zadi Vacka Mamadou Traoré