La consommation des drogues dans les fumoirs de Soubré présente un visage singulier. Dans un mémoire de recherche de master i en Criminologie,présenté récemment à l’université d’abidjan Cocody, l’impétrant, ezéchiel yédagne agnéro, a apporté un éclairage nouveau sur les manifestations
du phénomène.

a en croire les informations recueillies par l’impétrant auprès
du commandant de brigade de la gendarmerie de Soubré, la
consommation de drogues dans ladite localité a toujours
existé dans des proportions négligeables. Cette consommation a toutefois pris de l’ampleur avec la crise qu’a connue le pays et l’avènement du coupé-décalé, un rythme musical urbain. L’impétrant révèle en outre que le phénomène s’est développé un peu plus après la crise postélectorale,surtout avec l’installation
des éléments des forces républicaines de Côte d’ivoire
(frci). « Avant la crise, la consommation était rare, mais
avec la crise que nous avons connue, la consommation a
augmenté et le nombre de fumoirs aussi, à cause des éléments Frci qui en sont de gros consommateurs », a recueilli l’impétrant d’un anonyme.

Ce qui amène l’impétrant à conclure que « la crise a joué un rôle primordial dans l’explosion de la consommation de la
drogue dans la ville de Soubré ».
Selon les enquêtes de yédagne agnéro, le cannabis et
le chanvre indien, appelés communément “herbe“, sont
les deux types de drogues consommées à Soubré par
une population de tous genres, en proie au désoeuvrement
et aux difficultés existentielles.il précise que cette drogue écrasée et enroulée dans un papier spécial est fumée sous forme de cigarette dans des fumoirs traditionnels que sont (les maisons inachevées aux alentours des maquis et bars) et dans des fumoirs mobiles qui sont le fait des apprentis chauffeurs, des mécaniciens et certains chauffeurs.

La rue princesse de Soubré, les écoles et la devanture
de l’hôpital général sont également des lieux de
consommation. « Les quartiers réputés sont “Irebougou“(un sous quartier de Dallas au centre de Soubré), le quartier appelé “Château“, l’école primaire du quartier “Résidentiel“, le quartier Hôpital,l’abattoir de “Kennedy“. Cette drogue produite en partie dans la localité est vendue à détail entre 300 et 500 francs Cfa,en fonction de la qualité, de la quantité et du risque », a relevé l’investigateur. a l’en croire, l’abondance de la drogue, la complicité des autorités répressives (facteurs exogènes)
le suivisme, la curiosité, l’ignorance et les propriétés des drogues (produits dopants et relaxants),sont autant de facteurs explicatifs de la consommation de la drogue dans la ville de Soubré.
Pour ce qui est de la route de la drogue, l’impétrant soutient
qu’il y a une production locale et une internationale
(ghana et Libéria). « Selon la police forestière et la gendarmerie,il existe des plantations de drogue, mais leurs éléments n’ont pas eu l’occasion de mettre la main sur les producteurs.
Cette drogue est produite au milieu des plantations
de café-cacao et autres produits vivriers par les paysans
eux-mêmes. Pour ce qui est de la voie internationale,
les frontières étant poreuses, il n’y a aucun mal à les traverser.
Du Libéria, la drogue passe par Tabou, transite par
San-Pedro et arrive à Soubré. Quand elle vient du Ghana,
c’est par bateau qu’elle arrive au port de San-Pédro avant de
finir sa course à Soubré. Il y a une certaine quantité qui vient
de la capitale abidjanaise »,nous rapporte l’impétrant

AUTRE SOURCE
30/08/2014