Après une pluie de roquettes sur sa résidence pour le capturer le 11 avril 2011, c’est maintenant une œuvre cinématographique, la dernière trouvaille pour porter, à Laurent Gbagbo, le « tocsin »

Alors que la procureure de la Cour pénale internationale ( Cpi), l’ex-ministre gambienne, Fatou Bensouda remue ciel et terre en vue de corser, voire « muscler » son dossier d’accusation, un journaliste et réalisateur camerounais, Saïd Penda, vient de lui mettre entre les mains, « du pain béni », à travers un film-documentaire, très critique à l’encontre du « Woody » de Mama. « Laurent Gbagbo : despote ou anti-néocolonialiste ? Le verbe et le sang », tel est le titre de documentaire à charge contre Laurent Gbagbo qui serra diffusé en avant-première à Abidjan, selon la « Lettre du continent », dans sa publication N° 670 du 13 novembre 2013. 

Ce documentaire à deux volets de 52 minutes mis en boite par l’ancien correspondant de la radio anglaise Bbc en Afrique du sud, en Côte d’Ivoire, au Congo Brazzaville et au Mali, se veut le résultat de plusieurs années de recherches d’archives et de témoignages de privilégiés. Le réalisateur, pour mettre en place de gigantesque puzzle contre « le Woody de Mama » a notamment rencontré, l’ex-secrétaire par intérim du Front populaire ivoirien ( Fpi), Richard Kodjo, l’ancien président sénégalais Abdoulaye Wade, le chanteur ivoirien Tiken Jah Fakoly, le président d’honneur du Fidh, l’actuel ministre sénégalais de la justice Sidiki Kaba, des universitaires, des journalistes, le Curé de Duékoué, ville-martyre de l’Ouest ivoirien, le secrétaire du conseil des Imams de Côte d’Ivoire, des parents des victimes, des chefs de milices etc… « Le financement du documentaire a été a été assuré sur fonds propres par Sentinelles communications, société basée à Abidjan et propriété du journaliste-réalisateur » assure L.C. Ce film qui dresse un portait peu reluisant de l’ancien président ivoirien tombe à pic au moment où la Cour pénale internationale vient d’accorder à Fatou Bensouda, la procureuse, un délai supplémentaire en vue de « bétonner » son dossier d’accusation. 

Les témoignages récoltés auprès des victimes peuvent être déterminants dans la suite de l’audience de Gbagbo, attendu pour début 2014. L’ancien chef de l’Etat est soupçonné d’être co-auteur indirect de "meurtres, viols et d’autres violences sexuelles, actes de persécution, et autres actes inhumains", commis durant une crise postélectorale ivoirienne, ayant fait plus de 3000 morts.  La Chambre préliminaire 1 de la Cour pénale internationale ( Cpi)  a rejeté  le 11 novembre 2013, en appel,  la demande de mise en liberté provisoire de l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo.

Via la Dépêche