Nous nous désolons de constaterqu’il semble que pour se faire entendre dans ce pays, il faut avoir une grande capacité de nuisance et hurler plus haut que le loup. Depuis plus d’une semaine, voire deux ou trois dans certains quartiers, les populations de la Commune d’Anyama, commune du District d’Abidjan, sont privées d’eau. 

Un spectacle désolant Le spectacle désolant et surréaliste qui est donné à voir, c’est celui des habitants de cette ‘’cité des colas’’, bassine sur la tête, allant dans tous les sens, à la recherche de puits, autant dire à la quête de la goutte d’eau qui sauve. Ceux qui avaient encore quelques réserves du précieux liquide sont à bout de souffle aujourd’hui. Et cela semble n’émouvoir personne jusqu’à présent.

Les premiers responsables de la société de distribution de l’eau ne proposent pas de solution durable à cette pénurie et, plus grave, ne communiquent pas sur la situation. Qui, du reste, est récurrente ces derniers temps, surtout dans les cités dortoirs et les banlieues d’Abidjan (Yopougon, Abobo, Anyama, etc.). Nous nous posons la question de savoir comment pareille déconvenue aurait été traitée, s’il s’était agi de la distinguée commune de Cocody, privée d’eau pendant une ou deux journées entières. Les autres, contrairement aux uns, n’ont-ils pas le droit, eux aussi, de mener une vie décente ?

 

Le plus triste, c’est que cela fait prospérer l’idée que pour se faire entendre, il faut poser des actions d’éclat avec conséquences dommageables pour que tous les projecteurs soient braqués sur ce drame qui est vécu au quotidien par des populations.

Des faits et situations de ce genre sont vécus régulièrement dans nos sociétés et cela, dans plusieurs secteurs d’activité. Est-il nécessaire d’en arriver à des extrémités pour qu’un problème social soit résolu ? Pourquoi des dirigeants laissent-ils les situations atteindre leur stade de pourrissement avant d’agir ? 

via fratmat