Le Chef de l’Etat ivoirien, Alassane Ouattara, a reconnu enfin que les crimes de sang de la crise post-électorale, concernaient les deux côtés. Cette reconnaissance s’est faite jeudi au cours d’une conférence de presse co-animée avec le Président français, François Hollande, en visite de 24h à Abidjan.


Il a même assuré que la « justice sera la même » pour tous. Sans réellement convaincre car jusqu’à présent, seul le camp Gbagbo a été touché par les poursuites judiciaires. Dans le même temps, les pro-Ouattara continuent de commettre des crimes, sans être inquietés.
Le journaliste d’IvoireBusiness et de tomorrow mag, Désiré Oué, a été assassiné en novembre 2013 à son domicile d’Abidjan sans qu’aucune enquête n’ait été ouverte.
Les coupables de ce crime crapuleux n’ont jamais été inquiétés.


L’affaire Guy-André Kieffer n’a jamais été élucidée, de même que l’assassinat de trois français à l’hôtel Novotel d’Abidjan.
Alassane Ouattara répondait à une question des journalistes sur « la justice des vainqueurs » lors de la conférence de presse organisée à l’issue du forum économique franco-ivoirien.

Alassane Ouattara a tenté que faire croire, visiblement sans succès, qu’il ne savait pas ce que signifiait la justice des vainqueurs en Côte d’Ivoire.
Pour lui, la lenteur observée dans les procédures de justice relève moins d’une quelconque impunité d’un camp que du fait que son gouvernement ait « hérité d’un système où on dénombre 600 juges pour 22 millions d’habitants », contrairement, à des pays comme le Sénégal, moins peuplé mais qui compte « 1200 juges ».
Il a enfin assuré qu’un rapport de la commission d’enquête est entre les mains de la justice qui ouvrira, des procès en octobre », rassurant que « la justice sera la même pour tous ».
Selon plusieurs sources, l’impunité est restée au stade de slogan en Côte d’Ivoire, et la justice des vainqueurs fonctionne à plein tube.
Le Ministre Ahoua Don Mello a récemment été arrêté au Cameroun sur ordre de Ouattara, puis relâché sur intervention expresse du Président Biya.

Mais pour Ouattara, « quand quelqu’un est pris en train de tuer, c’est normal qu’il aille en prison » car « personne n’est au-dessus de la loi ». Encore des paroles sans lendemain, selon ces mêmes sources.

Patrice Lecomte

IVOIREBUSINESS
19/07/2014