La psychose s’est emparée des populations de Yopougon, mercredi. L’attaque d’un poste de police a entrainé une débandade et des tirs nourris entre assaillants et Forces de sécurité.


La commune de Yopougon a connu une fin de soirée mouvementée mercredi. Les habitants des sous-quartiers Selmer, Sicogi, Sideci, Lem-Saguidiba, Toit-Rouge, etc ont déserté les rues, les veillées funèbres, les bistrots pour se barricader dans leurs domiciles respectifs. A l’origine, une attaque surprise du 16ème arrondissement de police. Selon une source policière au 16ème arrondissement, une dizaine d’individus non identifiés, armés d’armes automatiques et d’armes lourdes font irruption dans la cour et déclenchent des tirs nourris. Ils sont arrivés sur les lieux aux environs de 19h30.

Leur obstination à vouloir en découdre avec les agents de police en faction va durer plus d’une heure. Passé l’effet de surprise, la riposte sera donnée quelques minutes plus tard. Ainsi, les échanges de tirs dureront près de 2 heures. Se sentant acculés, les assaillants se décident à quitter les lieux pour disparaître tranquillement dans la nature. Alertés par leurs frères d’armes du 16ème arrondissement de police de Yopougon, les autres corps, notamment la Brigade antiémeutes (BAE) du troisième pont et celle de Toit-Rouges, l’escadron de gendarmerie de Toit-Rouge et les éléments FRCI basés sur le site du Front populaire ivoirien (Fpi), la Place de la liberté, se mettent en branle.

Pour dissuader l’ennemi de se rapprocher de leur camp, nous confie un officier de l’armée, ils déclenchent des tirs de sommation sur plusieurs heures. Séance tenante, des patrouilles pédestres et à véhicule sont organisées dans le rayon des sous-quartiers Selmer, Sicogi, Sideci, Lem-Saguidiba, Toit-Rouge, etc. Elles se poursuivaient, au moment où nous mettions sous presse, pour, rapportent des sources policières, mettre le grappin sur les auteurs de l’attaque du 16ème arrondissement et leurs complices qui ne se sont pas encore signalés.

Le gros mensonge du ministre Paul Koffi Koffi

Interrogé hier sur Radio France internationale (Rfi) au moment où se déroulaient les opérations militaires à Yopougon, le ministre Délégué à la Défense, Paul Koffi Koffi, déclarait que les événements en cours sont le fait de démantèlement de fumoirs par les Forces de sécurité. Des propos qui viennent jeter des suspicions sur l’origine des tirs qui ont eu lieu hier à Yopougon. A en croire Paul Koffi Koffi, pour mettre le grappin sur les dealers et démanteler leurs fumoirs, l’armée a besoin de sortir toute son artillerie lourde et de s’en servir en pleine ville, au moment où toute la population est encore dans les rues (19h30). Soit, c’est lui, ministre de la Défense qui a été mal renseigné, soit il a tout simplement choisi de passer sous silence les objectifs réels des actions qui ont eu court dans la soirée d’hier.

La psychose s’est en tout cas emparée des populations de Yopougon qui craignent des arrestations, des enlèvements, des détentions arbitraires, des tortures… Ces événements, qui se déroulent juste après la conférence de Pascal Affi N’Guessan, donnent des raisons de s’inquiéter. Pour qui connaît les méthodes de ce régime...

Le Nouveau Courrier