Signe avant-coureur d’une libération imminente ? Au Front populaire ivoirien ( Fpi), on croise les doigts et on retient son souffle. Le bout du tunnel pour la N° 2 du Fpi, député d’Abobo et ancienne présidente du groupe parlementaire n’est peut-être plus loin.

 C’est vrai, le visuel n’est pas encore clair, mais les signes et les symboles de ces derniers jours  sont là, pour dire que quelque chose  de fabuleux se prépare pour l’ex-première dame de Côte d’Ivoire.  D’abord, commençons par les symboles.  Le plus parlant de ces symboles, reste l’envoie d’un «  commando »  de médecins  à Odienné, auprès de de Simone Gbagbo.

Depuis plus de deux ans de « captivité dans une maison protégée, c’est la première fois, en dehors de son médecin personnel, que l’Etat décide d’envoyer des toubibs, dont des kinésithérapeutes, auprès de la « prisonnière du Denguelé ». Pendant deux jours, cette équipe médicale va lui faire un bilan de santé intégral.   C’est donc un symbole assez fort, chargé de messages.  Des médecins qui se déplacent vers un malade, dans son lieu de détention, au lieu que  ce soit le « patient »  qui fasse le déplacement vers eux, il y a de quoi à faire rêver parents, amis et camarades… On a souvenance de ce que  le jeudi 02  mai 2013,  Simone Gbagbo avait été internée  dans une grande clinique d’Abidjan pour des soins médicaux, suite à une demande introduite par ses avocats. Puis, à la surprise générale, au bout de six jours, elle avait été  ramenée, à Odienné, manu militari,  « sous anesthésie ». 

Le Front populaire ivoirien (Fpi),  avait  accusé dans une déclaration,  le gouvernement d’avoir reconduit à Odienné, l’ex-Première dame,  alors qu’elle était  « sous anesthésie ». « Ce jour, mercredi 8 mai 2013, Simone Ehivet Gbagbo a été emmenée sous anesthésie vers une destination inconnue par des hommes en armes, sans aucun document officiel approprié (…) » avait  indiqué l’ex-parti au pouvoir.

Aujourd’hui, alors qu’aucune requête n’a été faite dans ce sens auprès du gouvernement, celui-ci a pris sur lui la décision de faire consulter Simone Gbagbo.  Ce changement d’attitude du gouvernement à l’égard de Simone Gbagbo  ouvre la voie à toutes les probabilités, y compris celle de  sa libération. Le gouvernement ne veut peut-être pas mettre en liberté «  une loque humaine ». D’où, la décision de la mettre d’aplomb avant une éventuelle libération. 

                                 Signes et symboles parlants

 Venons-en maintenant aux signes de cette probable libération.


De toute évidence, le premier signe ou signal fort envoyé par le gouvernement, quant à une  possible libération provisoire de Simone Gbagbo a trait à son  refus catégorique  du  transfèrement à la Haye de l’ex-première dame,  suite à la demande émise par la Cour pénale internationale, le 29 février 2012. Au cours d’un conseil des ministres extraordinaire consacré à l’examen des procédures judicaires, le vendredi 20 septembre 2013,  le  gouvernement  a décidé de soumettre  une exception  en irrecevabilité et de surseoir à exécuter le mandat d’arrêt émis par la Cour pénale internationale ( Cpi)  contre l’épouse de Gbagbo,  pour quatre chefs de crimes contre l'humanité.

Simone Gbagbo est notamment   soupçonnée d'être « pénalement responsable pour des faits de meurtre, de viol, d'autres formes de violence sexuelle, d'autres actes inhumains et de persécution». « Cette décision du Conseil vise à faire juger Mme Gbagbo en Côte d’Ivoire par les juridictions ivoiriennes, qui sont aujourd’hui réhabilitées et à même de lui faire un procès juste et équitable garantissant les droits de la défense », avait  souligné Bruno Koné Nabagné,  le porte-parole du gouvernement.  « La Cpi a une compétence de subsidiarité. Ça veut dire qu’en tout temps, le pays, dans lequel les faits sont commis, demeure en priorité celui qui doit pouvoir juger les auteurs des faits incriminés. C’est ce qui explique qu’aujourd’hui, au moment où nos juridictions sont opérationnelles, la Côte d’Ivoire décide de juger Simone Gbagbo », avait fait valoir,  pour sa part,  le ministre de  la  justice, Coulibaly Gnénéma. Si Simone Gbagbo doit être jugée  en Côte d’Ivoire comme ses camarades du Fpi, dont Affi N’Guessan, le président du parti, qui bénéficient, de la part de la justice, une liberté provisoire, pourquoi celle-ci ne la toucherait pas aussi ? Si les autres ont obtenu une liberté provisoire, pourquoi pas elle ?  C’est une question de logique...soutient-on dans certaines chancelleries à Abidjan. 

Au demeurant,  partout où il s’est rendu après sa sortie de prison, le président du Fpi, Pascal Affi N’guessan  n’a pas  cessé d’annoncer la libération de Simone Gbagbo. Un autre signe, celui-là  politico-diplomatique, vient de l’Onu. L’expert indépendant des Nations Unies pour les droits de l’Homme, le sénégalais, Doudou Diène  avait  rapporté, que Simone Gbagbo, sollicite « la présence à ses côtés d’un membre de sa famille ».  Le juriste sénégalais avait fait cette déclaration au terme d’une mission effectuée, le samedi 19 octobre 2013, à Odienné où il a rencontré l’ex-Première dame ivoirienne. « Mme Gbagbo va bien. Elle garde la même vigueur intellectuelle. Elle a la même force de caractère qu’on connaît chez elle. Deux ans de détention n’ont pu que l’affaiblir naturellement », soulignait Doudou Diène, plaidant pour « une mise en liberté provisoire » de Simone Gbagbo.  Une requête  à laquelle le gouvernement veut certainement  faire  droit…

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