Le 09 janvier dernier, l’ex-président de la défunte commission électorale indépendante, lors d’un point de presse, annonçait une réforme de l’organe central de l’institution et de ses démembrements locaux. A LIDER, cette annonce nous laisse perplexe. En effet, la façon dont elle intervient laisse planer des risques de nouvelles manœuvres illégales de la Cei version Bakayoko. Après avoir organisé les municipales et les locales alors que son mandat avait expiré, il est curieux de voir M. Bakayoko annoncer une réforme de la commission électorale et ce pour deux raisons majeures.

D’une part, le mandat de M. Bakayoko étant épuisé, celui-ci n’a aucun droit d’intervenir de quelque manière que ce soit dans les actions et/ou la réforme de la Cei. L’article 53 nouveau de la décision n° 2005-06/Pr du 15 juillet 2005 relative à la commission électorale indépendante précise que son mandat s’arrête à la fin des élections générales passées (présidentielles et législatives). Youssouf Bakayoko n’a donc pas qualité pour annoncer ni mener la réforme.
Pour éviter tout doute sur la volonté réelle du gouvernement à organiser des élections transparentes et crédibles en 2015, il est impératif que cette réforme se fasse dans le strict respect du droit. Par ailleurs, à LIDER, nous nous étonnons de cette annonce faite à la veille d’une réunion du Cpd, au sein duquel les parties habilitées à prendre les décisions sur ce point sont en discussion. Trois options ont été proposées par LIDER :

1. Une commission électorale politique, composée à part égale des partis de l’opposition et de l’alliance gouvernementale ;
2. Une commission électorale indépendante, composée uniquement de personnalités crédibles de la société civile ;
3. Une commission électorale mixte, composée à 50% de représentants crédibles de la société civile, et à 50% de partis politiques, à parts égales pour l’opposition et l’alliance gouvernementale.

En attendant que l’opposition politique et le gouvernement arrivent à une décision commune relativement à ce point fondamental pour la bonne préparation du scrutin présidentiel à venir, il serait judicieux que M. Youssouf Bakayoko fasse preuve de toute la retenue nécessaire, lui qui n’a pas été capable d’organiser une seule élection sans violence pendant et en dehors de son mandat légal.

Mohamed Sylla est Délégué national LIDER aux Réformes institutionnelles