Si dans la société « réelle », les enlèvements d’enfants intempestifs n’ont pas plus de valeur que l’argent ou les occupations et intérêts des autorités et des civils, dans la vie « virtuelle », c’est-à-dire sur les réseaux sociaux, l’élan de cœur est plus que ferme.

Fin septembre, c’est le déclanchement du phénomène, avec une vitesse spécialement conçu pour faire imaginer des coïncidences et prétendre que certains parents ne sont pas assez responsables pour surveiller leur progéniture.
A l’approche de novembre et en début du même mois, la vitesse augmente mais garde toujours les regards tournés vers l’irresponsabilité des parents mais un élément nouveau apparaît : le regard sur la zone, la commune, le quartier. On entend certains dire : « c’est seulement dans ce quartier que de telles choses peuvent arriver, ils sont tellement tête-en-l’air et les enfants sont toujours livrés à eux-mêmes. » Encore une bonne excuse pour encourager les auteurs et affermir l’inertie des autorités ivoiriennes.

Mais le mois de Décembre 2014 va déclencher une chronique plus inimaginable qu’elle aurait pu paraitre. Et pour cause, le phénomène se fatigue de ne s’entendre cité et connu que dans la capitale économique, il faut aller se faire connaître des autres régions du pays notamment dans les villes telles que Bouaké, Daloa etc… pour ne citer que celles-là.
Mi-Décembre avec la préparation de la période festive de Noël et de la saint sylvestre, les discours et les considérations fusent de partout : « ce sont les sacrifices de fin d’années, ça a toujours été comme ça. Vous pouvez aussi y joindre les accidents et autres, c’est pour la même cause ». Et une fois de plus, l’indifférence des autorités vient d’être justifiée tandis que les malfrats sont confortés et leurs esprits inondé de nouvelles techniques pour commettre le drame et semer la peine et la douleur dans les familles.

Alors quoi ? Serons-nous nous-mêmes en train d’autoriser ces méchancetés ? Pendant que « Nous sommes Charlie ? » ou que tous nos sentiments vibrent lorsqu’on entend le Nigéria et le Cameroun pleurer sur le douloureux, désastreux et calamiteux sort que Boko Haram leur fait subir. Mais et ce qui arrive sous nos yeux ? Dans nos maisons ? Dans nos familles ? À nos enfants ?
Et contre toute attente ou plus ou moins, Dirons-nous encore « à nos enfants ?» Quand début janvier 2015, les malfaiteurs veulent évoluer dans leur psychose ?
En effet, les enfants ne suffisent plus, ils n’étanchent plus leur soif de psychopathe, il faut quelque chose de plus fort, de plus intense, car à bien y réfléchir, les enfants ne peuvent pas se défendre tant que ça, ils n’ont aucune force face au pouvoir du kidnappeur.
C’est au tour des adolescents et jeunes filles et garçons de subir le triste sort. Chaque semaine, nombreux sont ceux qui sont enlevés par ci et là, et ce n’est plus une question de commune ou de région mais les actes se perpétuent sur l’ensemble du territoire national.
Alors une question se pose : Continuerons-nous ? Continuerons-nous à regarder faire ? A perdre nos enfants et nos jeunes gens ? Continuerons-nous à trouver des excuses et pour les autorités et pour les malfaiteurs ? Continuerons-nous à être indifférents ?
En ce moment, un élan de solidarité s’est levé sur les toiles des réseaux sociaux ivoiriens, devant le témoignage, la semaine dernière de la mère qui a vu son enfant enlevé, au cours l’émission « C’Midi » sur la RTI première chaîne, la population s’est révoltée : « Il faut que ça s’arrête ».

Pour cela, le tour est passé aux autorités. Se lèveront-elles ? Prendront-elles leur responsabilité ?
En tout cas, elles sont interpellées. Si rien n’est fait, on pourrait poser cette question avec cet internaute désabusé:
« A qui la faute, si en Afrique nos tragédies ne nous conduisent qu’à l'émotion? A qui la faute, si sur notre continent les barbaries commises ci et là, ne nous indignent-elles pas assez pour nous mener à des actions d'envergure mondiale? A qui la faute, si la France a pu mobiliser tout ce beau monde pour dire non au terrorisme et oui à la liberté d'expression? A qui la faute, si nous sommes derniers de la classe? A qui la faute? A qui la faute? ».

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