A la suite des attitudes fermes du Garde des Sceaux, Gnénéma Mamadou Coulibaly sur la question de la Cellule spéciale d’enquêtes dont le mandat prend fin selon ses explications, parce que la situation se normalise , et que la justice dans le cadre normal de ses activités peut conduire le processus ; après également les mises au point et précisions du porte-parole du gouvernement sur la question, c’est au tour du porte-parole du parti présidentiel de hausser le ton hier, pour rappeler Doudou Diène et certaines ONG à l’ordre. Les autorités ivoiriennes ne sont pas contentes. Elles ne sont pas d’accord avec les appréciations faites par l’expert onusien et par les ONG citées par Joël N’guessan, sur la situation des droits de l’homme et sur leur propension à réclamer une justice impartiale et équitable. Parler de grosse colère chez Ouattara en faisant allusion au camp présidentiel n’est pas du tout un abus de langage. Des observateurs notent aussi que contrairement aux autres ONG et experts reçus à New York, où à Abidjan par le chef de l’Etat ou par le Premier ministre, Doudou Diène n’a pas eu droit à ces rencontres de haut niveau. Il semble être de moins en moins apprécié dans ses déclarations. Si les autorités expliquent le peu d’empressement à le recevoir par le souci de respecter le caractère indépendant de sa mission, et par le refus de lui imposer leur agenda, d’autres y voient cependant le signe d’un réel agacement de plus en plus marqué. L’épilogue et la prochaine étape de tout cela, à la suite de la sixième mission de l’expert indépendant, sera le rapport final annoncé pour Février 2014. Un rapport (qu’il veut le plus objectif et le plus impartial possible), qui assurément va encore faire des vagues dans tous les camps. D’ici là, Doudou Diène a déjà dit son désaccord à une loi d’amnistie générale réclamée par le Fpi, en même temps qu’il plaide pour une liberté provisoire en faveur de Simone Gbagbo. En clair, en dehors des hourras des pro-Gbagbo relatifs à la libération provisoire sollicitée en faveur de Simone Gbagbo, le rejet de l’amnistie générale semble bien être une douche froide à même de susciter au Fpi, la même grosse colère que dans le camp présidentiel. Autre colère sourde contre Doudou Diène dans le camp Gbagbo, est que des militants et cadres du Fpi s’étonnent que l’expert indépendant de l’ONU ne se soit pas encore rendu à La Haye pour rencontrer Laurent Gbagbo, et qu’il envisage de faire son rapport final ( de fin de mission), sans tenir compte de la contribution de l’ex-Président dans l’apaisement de la situation en Côte d’Ivoire.

L’Intelligent d’Abidjan