05/07/2014  autre presse

Présidentielle 2015: Une non-participation du parti de Gbagbo serait « une exception en désespoir de cause »
Par Patrice Allégbé
Une non-participation du Front populaire ivoirien (Fpi, opposition) à la présidentielle de 2015 en Côte d’Ivoire serait « une exception en désespoir de cause », a déclaré jeudi Affi N’Guessan, le leader du parti de l’ancien président Laurent Gbagbo, au cours d’une conférence de presse à Abidjan.
« Le principe pour un parti comme le Fpi, c’est la participation et la non-participation est une exception en désespoir de cause », a dit Affi Nguessan, affirmant qu’un retrait à ces joutes électorales n’est pas l’objectif » du parti qui compte reconquérir le pouvoir.
Si le Fpi constate qu’un « boycott » de cette présidentielle « est ce que les Ivoiriens attendent, et que c’est la meilleure posture pour défendre leurs intérêts, soyez sûrs que nous serons dans cette voie, mais si ce qu’ils attendent, c’est que le Fpi soit aux élections, nous serons aux élections », a ajouté M. Affi.
« Nous voyons que rien n’est fait pour faire en sorte que nous puissions y participer et nous pensons que c’est en boycottant que nous défendons mieux nos intérêts », a estimé M. Affi, faisant observer que malgré le « boycott » des récentes élections législatives et locales, « le Fpi reste fort dans l’opinion » nationale.
Ces actes que le parti a posés, au lendemain de la crise postélectorale ivoirienne, « obéissaient aux conditions qui prévalaient à ces deux occasions et chaque acte doit être situé dans son contexte », a-t-il souligné.

Concernant les élections présidentielles de 2015, le leader du Fpi a indiqué que « tout dépend du contexte à ce moment précis », annonçant que le parti fera une « analyse très bientôt » sur cette question à l’occasion d’un congrès qui se tiendra « dans quelques mois ».
II s’agira de « voir quelle est l’attitude qui est la meilleure à l’occasion des futures élections, voir où se trouve l’intérêt » de la Côte d’Ivoire et du Fpi qui « est au service » du pays, a-t-il poursuivi.
M. Affi a rappelé que son parti a « rejeté » la nouvelle ossature de la Commission électorale indépendante (Cei), tout en expliquant que l’institution n’a pas été créée à travers d’une démarche « inclusive » et comprend d’ailleurs neuf représentants proches du pouvoir sur 17 membres.
« Si dès le départ, il n’y a pas de consensus et qu’une partie à la compétition émet des réserves, des suspicions sur la Cei, on est mal parti pour avoir des élections apaisées », a-t-il affirmé, appelant le pouvoir à « reprendre le processus de discussion » en vue d’une Cei « équilibrée ».
La Cei a été au cœur des violences postélectorales qu’a connu le pays à la suite de la présidentielle de novembre 2010, ayant opposé au second tour l’actuel président Alassane Ouattara et son rival Laurent Gbagbo, détenu à La Haye pour « crimes contre l’humanité ».
M. Ouattara a déjà annoncé qu’il se représenterait à cette présidentielle prévue en octobre 2015, pour poursuivre les chantiers qu’il a entamés, appelant les partis alliés au pouvoir à soutenir de sa candidature.
De son côté, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci, allié au pouvoir), dirigé par l’ancien président Henri Konan Bédié, ne s’est pas encore prononcé officiellement, mais sa base a souhaité lors d’un récent congrès la désignation d’un candidat pour la présidentielle de 2015.
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