Communiqué de presse (14/02/2014) -
Alors que Michel Koudou GBAGBO s’apprête, en toute légalité, à prendre l’avion aujourd’hui à destination de PARIS, et ceci pour répondre à la convocation du Juge d’Instruction en charge de sa plainte, pour enlèvement, séquestration et traitements inhumains et dégradants, déposée à l’encontre de Monsieur Guillaume SORO et des Commandants de zones.
Nous apprenons avec stupéfaction que notre Client fait présentement l’objet de menaces et d’intimidations précises, de la part des proches du pouvoir, pour l’empêcher d’accomplir ce voyage.
Ces menaces viseraient son intégrité physique et sa vie, tant au niveau de son départ à Abidjan, qu’à son arrivée et à son séjour en France.
Michel GBAGBO est néanmoins déterminé à répondre à cette convocation judiciaire, et ce d’autant qu’il s’agit là d’un droit le plus élémentaire reconnu à toute victime d’un délit ou d’un crime dont les auteurs quelles que soient leurs fonctions ne peuvent être au dessus des lois.
Nous alertons donc l’opinion publique sur les menaces réelles qui pèsent sur notre Client, et avertissons que ceux qui s’en prendront à lui le feront à leurs risques et périls car nous n’hésiterons pas à saisir de nouveau les autorités judiciaires compétentes de toute atteinte aux droits ou la personne de notre Client.
Maître Habiba TOURE
Avocat de Michel GBAGBO

La justice ivoirienne interdit à Michel Gbagbo de répondre à une convocation de la justice française
AFP
ABIDJAN, 14 fév 2014 – La justice ivoirienne a annoncé vendredi qu’elle refusait à Michel Gbagbo, le fils de l’ancien président Laurent Gbagbo, le droit de quitter la Côte d’Ivoire pour se rendre à une convocation de la justice française.
La Cour d’Assises d’Abidjan, devant laquelle il est mis en accusation pour des « crimes commis à l’occasion de la crise postélectorale », « devant siéger bientôt », un déplacement « hors du territoire national » « risque de compromettre la bonne tenue de cette session », argumente le parquet général près la cour d’appel d’Abidjan.
« Dans l’attente de ce procès et pour éviter tout blocage, l’accusé Michel Gbagbo ne peut être autorisé à effectuer ce voyage », dont le parquet général n’ »(était) pas informé », poursuit-il dans un communiqué signé par le procureur général Aly Yeo.
L’avocat de Michel Gbagbo, Me Rodrigue Dadjé, avait annoncé jeudi à l’AFP la volonté de son client, qui n’est selon lui frappé « d’aucune mesure d’interdiction de sortir du territoire », de quitter vendredi soir Abidjan pour Paris.
M. Gbagbo, 42 ans, doit répondre lundi « à une convocation de la juge d’instruction du Tribunal de grande instance de Paris » Sabine Kheris « dans le cadre d’une affaire l’opposant à Guillaume Soro », le président de l’assemblée nationale ivoirienne, avait-il déclaré. Michel Gbagbo avait été arrêté avec son père le 11 avril 2011 à Abidjan, au moment de sa chute. Accusé d’infractions économiques, dont le détournement de deniers publics, il a bénéficié en juillet 2013 de la liberté provisoire, en compagnie de 12 autres détenus, au nom de l’ »apaisement ». Incarcéré dans le nord du pays, Michel Gbagbo, également de nationalité française, avait porté plainte en France contre Guillaume Soro et les « ComZon » (ex-chefs rebelles) pour « traitement dégradant et inhumain ».
Début novembre, il avait déjà été empêché de prendre l’avion à Abidjan alors qu’il souhaitait répondre à une convocation de la justice française, avait-on alors appris de source judiciaire. Michel Gbagbo était jusqu’à la chute de son père enseignant et consultant pour un comité gouvernemental chargé d’organiser le retour des personnels de l’Etat dans les zones abandonnées pendant le conflit politico-militaire ayant secoué la Côte d’Ivoire de 2002 à 2010. Une crise postélectorale, née du refus de Laurent Gbagbo de céder le pouvoir à Alassane Ouattara après sa défaite à la présidentielle de novembre 2010, a fait plus de 3.000 morts, l’aboutissement d’une décennie de tourmente.