Plus les jours passent, plus le désespoir gagne les partenaires et clients de la défunte Banque pour le Financement de l’Agriculture (BFA). Ils menacent de porter plainte contre le gouvernement si rien n’est fait au plus vite pour les sortir de la difficile et inattendue situation dans laquelle les dirigeants du pays les ont plongés depuis environ trois (3) mois. Nous avons été mis dans la confidence hier par un groupe de ces infortunés. «Nous sommes en train de nous organiser pour porter plainte contre l’Etat de Côte d’Ivoire.

Je suis chef d’entreprise. J’ai été obligée de mettre au chômage une bonne partie de mes employés, parce que tous mes fonds ont été bloqués du fait de la fermeture subite de la BFA. Et si rien n’est fait au plus vite pour que je rentre dans mes fonds, mon entreprise va fermer pour de bon. Si le chef de l’Etat, Alassane Ouattara ne veut pas entacher davantage son pouvoir par d’autres immolations comme celle de Dame Mandjara survenue en 2014, qu’on nous rembourse notre argent, sans délai», a menacé notre source, une dame chef d’entreprise. Un commerçant d’un pays voisin client de la banque accuse aussi les autorités du pays d’avoir hypothéqué son avenir et celui de sa famille.

«Par la faute du gouvernement ivoirien je suis sans activités aujourd’hui. Les autorités auraient dû prendre des mesures d’accompagnement pour nous éviter de fermer nos entreprises», se plaint-il. Pour d’autres encore, le gouvernement cache bien des choses. «Nous ne comprenons pas l’attitude du gouvernement. Si notre argent a été utilisé à des fins détournées, qu’on nous le dise clairement. Nous n’avons aucune information et cela nous inquiète », dénoncent ces derniers. Pour rappel, c’est au cours de sa session du 2 septembre 2014 que la Commission Bancaire a procédé au retrait de l’agrément à cette banque et, depuis le mardi 30 septembre dernier, à sa mise en liquidation. La BFA a été liquidée par le gouvernement ivoirien après avoir constaté dit-on, un déficit structurel qui se perpétuait d’année en année et qui constituait une menace certaine non seulement pour ses clients, mais également pour l’ensemble du système bancaire. Mais l’évolution de l’affaire laisse croire aujourd’hui que les vraies raisons de la fermeture de la banque sont ailleurs. Et bien malheureusement ce sont les clients qui en pâtissent.

Le Quotidien