Le scandale éclate au moment où le Fonds moné- taire international annonce un prêt de 136,5 millions de dollars (environ 68 milliards FCFA) en faveur de la Côte d’Ivoire, «saluant la solidité de l’activité économique du pays qui a fait face à de fortes tensions sociales». Ce montant a été accordé dans le cadre de deux accords, l’un sur la Facilité élargie de crédit (FEC) et l’autre sur le mécanisme élargi de crédit (mEDC).

 

Au même moment, la Banque mondiale, à travers l’Association internationale de développement (IDA) approuve un montant de 125 millions de dollars (environ 62 milliards FCFA) en faveur de la Côte d’Ivoire. un audit réalisé par le cabinet KPmG à l’objet d’établir un diagnostic exhaustif du profond malaise qui y règne, vient de relever 65 milliards FCFA de dettes d’opérateurs pour des contrats non exécutés. Le Directeur des opérations techniques (DOT), par qui le scandale serait arrivé, a été immédiatement démis de ses fonctions. un fait qui a provoqué, on s’en souvient, une crise dans la filière, depuis dé- cembre 2016, quand les camions chargés de cacao ne parvenaient plus à être dé- chargés dans les ports d’Abidjan et de San-Pedro. Selon un confrère en ligne qui a obtenu une partie du rapport, l’audit révèle également un népotisme (rattrapage) outrancier dans le recrutement du personnel : «Père, mère, enfants, belle-mère, beaufrère, ou même des jumeaux, travaillent tous au sein du Conseil. Plusieurs agents avaient alors été recrutés sans avoir préalablement déposé un curriculum vitae (CV). Pire, la direction des ressources humaines n’a jusque-là reçu aucun dossier des arrivants. ainsi, bon nombre d’employés sans qualification véritable, auraient accédé à des postes de responsabilité. leur seul mérite étant de bénéficier d’un parrainage au sein de la structure». D’autres agents, ajoute le rapport, ont été recrutés à ne rien faire.

 

L’audit affirme, qu’outre l’effectif pléthorique des employés, les nouveaux et anciens sont mis sur le même pied, à telle enseigne que des employés des niveaux d’étude 3ème, baccalauréat, Bac+2 ou même Bac+4, sont tous logés dans la caté- gorie d’agents de maîtrise. Le nouveau Directeur général, Yves Brahima Koné, qui entend sortir la filière de son marasme, a nommé deux nouveaux adjoints, afin de remettre le Conseil sur les rails. Cette reprise en main de la fi- lière est d’autant plus impé- rieuse que les paysans qui subissent de plein fouet la dé- préciation de leurs produits agricoles nourrissent l’espoir de voir les prix du café et cacao connaître une nouvelle hausse sur le marché international.