Le « FPI n’est pas obligé de siéger à la CEI » disent-ils ! Et c’est vrai. La question qui suit logiquement est: qu’est-ce qu’on fait par la suite? Nos cadres retournent-ils au village en attendant le retour de LG pour l’accueillir à l’aéroport pendant que nous autres constituons la haie allant de l’aéroport à sa résidence en prenant le grand soin d’éviter le pont HKB? Nos cadres restent-ils à Abidjan pour la réunionite sans ordre du jour précis ?

Dans un tel contexte, il faut distinguer l’approche idéaliste et celle réaliste qui est basée sur la dynamique des réalités socio politiques en CI. Le miracle existe, c’est vrai mais il parait plus lucide de penser que le RHDP remportera les élections présidentielles à venir; d’une façon ou d’une autre. Le FPI, à mon humble avis, gagnerait à préparer des candidats pour les législatives, les municipales et les régionales! Le boycott des régionales pourrait être suicidaire pour le FPI pour diverses raisons que je tenterais d’énumérer en trois grandes lignes:

1-Soucis politiques. En 2020, les enfants nés en 2002 voteront. Quelle image auront-ils du FPI? Combien pourront se défaire du matraquage médiatique en cours? Ne trouveront-ils pas qu’ils ont été abandonnés par nos cadres durant cette terrible décennie? Imaginons les conséquences si le FPI ne devrait se rasseoir qu’en…2025 !
2-Equations socio-économiques. Comment occuper le terrain autour de 2020 (2025) sans moyen financier? Comment retenir les militants et sympathisants rudement éprouvés par les problèmes financiers? Nos cadres (anonymes) en quête de promotion ne seraient-ils pas tentés de prendre d’autres cartes de militants? Qu’on se souvienne de tous les virages des cadres des autres partis politiques pendant les 10 ans de Refondation !

3-Approche stratégique. Nous nous retrouverons en 2020 avec des cadres largement coupés des … compétences et autres réalités politiques. En face, nous aurons des cadres du RHDP au carnet d’adresses fourni, maniant la gestion de la chose publique avec une certaine aisance. Nous aurons des candidats inconnus des électeurs face à d’autres cadres qui auraient occupé les médias pendant 10 voire 15 ans! Avant la période de la « résistance », qui connaissais-tu dans la galaxie patriotique en dehors de Blé Goudé, Serges Kassi et de Dibopieu ?

Pour toutes ces raisons (que je puis encore développer), je me dis qu’il faut se garder des grandes théories dans la conduite à tenir dans le contexte actuel qui est le nôtre. Il faut surtout éviter de se laisser berner par les intérêts égoïstes de certains cadres, les stratégies de gestion de leur carrière qu’ils élaborent constamment, leurs ambitions personnelles…et la vie de la CI.

Ma position est qu’il n’y a pas que les élections présidentielles. Question: le FPI peut-il se payer le luxe de boycotter toutes les élections à venir? Si oui, bravo à l’hémorragie. Si non, le FPI commettra-t-il l’erreur d’aller aux élections régionales sans aucun représentant à la CEI? Comment connaitre le taux réel de participation des élections à venir ? Rappelons-nous des législatives passées. Au début, nous parlions de 9% de taux de participation. Ensuite, nous avons gravi l’échelon de 15%. Enfin, il nous a été dit que le taux était de 36,56% ! Comment vérifier ?

La démarche du Président Affi peut connaitre des limites. En attendant une stratégie lisible en termes d’alternative, il sied de « faire avec ». Le dire, le soutenir ne revient aucunement à faire de nous des valets de Jacques Foccart encore moins des suppôts de la nébuleuse françafrique !

Sylvain N’GUESSAN
Planteur