La débâcle du commandant Issiaka Ouattara alias Wattao suscite toujours des commentaires au sein de l’opinion nationale. Comment celui qui se présentait jusque là comme un pion indéboulonnable au sein du maillon FRCI a connu une chute vertigineuse en l’espace de deux jours. Décryptage.

Lundi 21 juillet 2014. Des éléments de la garde républicaine fidèle à Wattao tentent d’empêcher bruyamment la passation de charges entre leur mentor, débarqué du commandement de la zone Abidjan sud et le nouveau chef désigné par la hiérarchie, Tuo Souleymane. C’est la « bêtise » de trop. Le lendemain mardi 22 juillet, l’ex chef de guerre célèbre pour ses frasques est démis du commandement en second du Centre de Coordination des Décisions Opérationnelles (CCDO) et remplacé à la tête de cette unité d’intervention par le Commandant Inza Fofana, responsable de la Brigade Anti-émeute de yopougon (BAE). Dans les couloirs du Palais d’Abidjan et les cercles de l’armée, le Commandant Issiaka Ouattara ne devra « s’en prendre qu’à lui même », indique une source bien introduite dans le milieu.

A son actif, plusieurs griefs tolérés jusque là par la hiérarchie militaire et le pouvoir en place. D’abord, le Commandant Wattao s’est rendu coupable de plusieurs « délits » de racket des sociétés françaises et libanaises exerçants dans le périmètre de sa zone « Abidjan sud ». Souvent avec « des menaces », apprend- on de cette source. Deuxième fait, et non des moindres, ayant entrainé sa chute. Son incursion dans le domaine du transport, plus précisément le milieu très controversé des syndicats où son autorité aurait contribué à plusieurs séquestrations, des spoliations de bien matériels en particuliers des voitures et surtout aurait entrainé mort d’homme dans les règlements de compte entre syndicats.

Ce militaire qu’on cite dans le milieu très proche de Guillaume Soro, ex-secrétaire général du MPCI, ex- mouvement rebelle, actuel Président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire se révèle finalement très atypique. La hiérarchie, il « s’en moque ». Et sa perpétuelle rivalité avec le commissaire divisionnaire Kouyaté Youssouf pour la direction du CCDO semble avoir sonné le glas d’une « insoumission » jusque là tolérée. Cerise sur le gâteau, l’arrivée en Côte d’Ivoire d’un expert français pour comprendre et aider au bon fonctionnement du CCDO. Reçu par la « star militaire des tabloïds », ce fut surtout, selon notre source, à une exposition de ses bien matériels que l’expert a assisté: plusieurs voitures de luxe, chiens de race au coût exorbitant, bref, l’étalage de ses trophées de guerre et surtout son « pistolet d’or » qu’il lui a aussi présenté. Et cette fois-ci, avec les dernières évolutions de la situation, tendant même à menacer la stabilité de l’Etat, la pilule s’est avérée trop amer pour être avalée par ses responsables hiérarchiques et le palais présidentiel.
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