20 ans de prison sans être en prison. C’est sous Ouattara qu’on peut découvrir cette autre face de la justice ivoirienne. Après la condamnation des barons du binome café cacao qui sont absents à la MACA, c’est au tour des accusés reconnus coupables dans l’affaire des déchets toxciques de jouire d’une incroyable liberté. Pour les accusés, c’est une victoire nette, sans bavure. Ils pourront même dès le lendemain de l’annonce de ce verdict clément, aller chauffer partout dans les bars ou dans les grands cabarets. Pour les victimes des déchets toxiques du Probo Koala, la justice n’a pas été rendue de manière juste.

Rappelons que quatre personnes ont été accusées d’avoir détourné des millions d’euros destinés à indemniser des victimes des déchets toxiques du cargo Probo Koala déversés à Abidjan en 2006. Le mardi derenier, ces personnes ont été condamnées à 20 ans de prison par la justice ivoirienne, mais laissées en liberté. « C’est une peine symbolique. (…) L’impunité est encore consacrée », a déploré Me Pierre Tanoh, l’avocat d’un plaignant. « La décision n’est pas juridiquement fondée, c’est une décision politique ». « Les juges ont subi des pressions. Les magistrats qui voulaient dire le droit ont eu des problèmes », a affirmé Charles Koffi, un plaignant. « Nous n’avons plus confiance en la justice », a-t-il regretté, ajoutant : « les pouvoirs se succèdent mais leurs comportements demeurent les mêmes. »
Le Quotidien