Abidjan - La justice ivoirienne statuera le 26 décembre sur la validité de la candidature à la tête de son parti en crise de l'ex-président Laurent Gbagbo, emprisonné depuis trois ans à la Cour pénale internationale pour "crimes contre l'humanité".

L'actuel patron du Front populaire ivoirien (FPI) Pascal Affi N'Guessan, opposé à l'ex-chef de l'Etat dans des élections internes, a assigné début décembre des cadres de son parti en justice pour annuler la candidature de M. Gbagbo.

Après avoir écouté les observations des avocats des deux parties et les avoir enjoint à présenter leurs arguments par écrit, le juge a renvoyé l'affaire au "vendredi 26 décembre" pour le prononcé de sa décision.

Mercredi, Affi N'Guessan a remporté le premier round du combat judiciaire au sein du FPI. La justice a confirmé l'interdiction à sa demande d'un congrès du parti, qui devait se tenir du 11 au 14 décembre à Abidjan.

Deux camps s'affrontent au sein du FPI. Le premier fait de la libération de l'ancien président ivoirien "le coeur de la stratégie de lutte du parti".

Le second aspire à s'investir dans le jeu politique et à participer à la présidentielle de 2015 derrière Pascal Affi N'Guessan, qui dirige le FPI depuis 2011.

Laurent Gbagbo est emprisonné depuis trois ans à La Haye, où la CPI le jugera en juillet 2015 pour "crimes contre l'humanité" en lien avec la crise postélectorale meurtrière de 2010-2011.

La présidentielle de 2015 constitue un rendez-vous crucial pour la Côte d'Ivoire, après une décennie de troubles politico-militaires qui ont culminé avec la crise postélectorale de 2010-2011 et ses quelque 3.000 morts.

La crise est née du refus de Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite à la présidentielle de 2010 face à Alassane Ouattara, d'ores et déjà candidat à sa réélection l'an prochain.

Pour les partenaires de la Côte d'Ivoire, la participation du FPI au processus, ainsi qu'à l'élection, est essentielle à la réussite du scrutin.
Source : AFP