Au douzième jour du procès des pro-Gbagbo à la cour d’assises, une victime, venue témoigner à la barre, a failli créer un scandale en plein procès. Dago Anicet, Dago
Cyrille, Dago Wilfried et Boguhé Arsène Gnapy, alias ‘‘l’homme n’est rien’’, poursuivis pour agressions, pillages, menaces et meurtres, ont été reconnus par les cinq témoins à la barre, hier. Parmi ceux-ci, Mme Cissé née Tanoh, qui reconnaît les agresseurs de son époux, Cissé Sékou, dans la journée du 3 mars 2011, alors qu’il se rendait au travail. A l’en croire, c’est aux environs de 9 heures qu’elle est informée de l’arrestation de son mari par un groupe de jeunes, parmi lesquels les frères Dago, à un des barrages érigés dans son quartier à Gonzagueville. Elle s’est donc rendue sur les lieux, la peur au ventre. «Quand je suis arrivée, il y a avait beaucoup de personnes.

Je n’ai pas pu approcher l’attroupement. Car, j’avais peur d’être reconnue par les agresseurs de mon mari », a-t-elle expliqué. Selon sa version, ces jeunes gens ont conduit son mari à domicile, pour piller leur maison. « C’est là que j’ai vu Boguhé, qu’on appelle ‘’l’homme n’est rien’’. Il a frappé mon mari à la mâchoire avec une kalachnikov », s’est-elle souvenue. Après ces actes de pillage, de vandalisme et les agressions sur Sékou Cissé, Mme Tanoh explique qu’ils ont eu la vie sauve grâce à l’intervention des éléments du GATL venus à leur secours. Mme Tanoh n’a pas digéré le comportement des accusés, pour la simple raison que les bourreaux ne cessaient de demander des services à son époux, qu’il leur rendait sans sourciller. Elle a encore plus mal quand elle réalise que son homme, par leur faute, est toujours mal en point et se trouve actuellement à Aboisso. C’est pourquoi, dame Tanoh va s’opposer aux avocats de la défense qui voulaient prendre hier, possession de son dossier contenant des photos, des plaintes déposées après cet événement, à la gendarmerie et à la police, et qu’elle a remis au président de la cour. Une altercation entre la défense et Mme Cissé s’est donc produite. Après des échanges, le président Dembélé Tahirou trouve la parade afin que l’audition se poursuive.

Ousmane Tramata a aussi indexé et accusé Arsène Boguhé, dit ‘’l’homme n’est rien’’, de l’avoir agressé avec une kalachnikov et en compagnie d’un certain Elvis. Il soutient mordicus qu’il avait, auparavant, été victime de fouilles dans les barrages érigés à un peu plus de 100 à 150 mètres de son domicile, à Adjouffou-Gonzagueville. « Ce que je n’ai pas compris chez Boguhé, c’est que je lui ai rendu beaucoup de services au quartier», se souvient Ousmane. Koné Mahamadou à son tour, charge Dago Anicet d’avoir assassiné son frère, avant de le découper en morceaux. Baldé Arouna, vendeur de kiosque, pour terminer, reconnaît lui aussi, ‘’l’homme n’est rien’’ pour l’avoir menacé, agressé, pillé et pour avoir brûlé son kiosque, ainsi que son domicile. «Parce qu’il m’accusait avec ses camarades de détenir des armes, de posséder une carte nationale d’identité pour voter le président Alassane Ouattara, alors candidat à l’élection présidentielle et de cacher des rebelles», a-t-il déclaré.
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