La télévision publique ivoirienne RTI s’est installée depuis l’avènement d’Alassane Ouattara dans la propagande au profit du pouvoir. La RTI ne sert à la population que ce que le pouvoir a envie de faire voir. Dans cette option, le monitoring qui avait cours sous la supervision de l’ex-Cnca devenue la Haca (organe de régulation) fait partie des souvenirs. En ce temps-là, si l’expression plurielle n’était pas entièrement satisfaisante, au moins les associations et autres groupements politiques avaient l’occasion d’être vus à la télé. Cela n’est plus le cas aujourd’hui. La télévision publique ivoirienne est sous le monopole des cercles proches du pouvoir Rhdp. N’y ont accès que ceux qui soutiennent l’appel de Daoukro en faveur d’Alassane Ouattara et dans une moindre mesure ceux qui travaillent pour les intérêts du pouvoir. Cela est vérifiable et c’est le sentiment général dans la population.


C’est cette télé qui vient d’accorder une faveur à Pascal Affi N’guessan dans le cadre de l’émission-débat de Brou Aka Pascal. Un semblant de diversification de sa clientèle politique. Mais en réalité, mieux qu’un souci d’ouverture aux autres tendances politiques en place, il s’agit plutôt d’une opération de communication qui vise à donner un coup de main à un partenaire en difficulté. Affi N’guessan, ce n’est un secret pour personne, fait face à une adversité pour le contrôle du Fpi. Dans cette bataille interne au parti de Laurent Gbagbo, le pouvoir Ouattara a officiellement choisi son camp en indiquant clairement par la voix du porte-parole du gouvernement que son seul interlocuteur dans ce parti demeure Affi N’guessan. Celui-ci faisait pourtant l’objet d’une sanction (suspension) des instances de son parti.
On aurait donc compris la RTI (à moins qu’il y ait un projet dans ce sens, ce qui étonnerait) si elle décidait de mettre en scelle au cours d’un même débat les protagonistes de cette crise. Que non ! Elle a plutôt choisi son camp. Voilà comment notre télévision nationale est au service de tous. C’est elle, il n’y a pas longtemps faisait passer dans le journal de 20 heures un élément sur Konaté Navigué, président déchu de la Jfpi et proche d’Affi N’guessan. Pour les téléspectateurs qui ne sont pas tous dupes, une telle initiative en réalité ne peut servir les intérêts du ‘’président suspendu’’ du FPI. C’est plutôt l’effet contraire, c’est-à-dire le sentiment de suspicion qui ne fera que s’accroître.


La solution, pour notre télévision, ce serait une vraie ouverture qui donne un temps d’antenne à toutes les autres composantes sociopolitiques de la nation. Peut-elle accepter les sorties très critiques d’un Mamadou Koulibaly ? Peut-elle donner l’occasion à Anaky Kobénan ou à Sangaré Abou Drahamane d’expliquer la crise que traversent leurs partis respectifs ? Peut-elle mettre face à face ces acteurs et leurs adversaires du pouvoir pour débattre des vrais problèmes de la nation ? C’est à ce niveau que nous attendons notre télévision publique et non dans les ingérences politiques comme elle le fait actuellement. Elle aura alors fait un pas de géant et la démocratie s’en trouvera servie.

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