Par S.D. Connectionivoirienne.net

 

Alors que ses ministres se permettaient de dormir des deux yeux, à faire les plus beaux rêves après ses promesses d’un statu quo jusqu’aux prochaines élections, voici qu’Alassane Ouattara dribble partenaires et adversaires. Et c’est Alain Lobognon qui paie cash ce qu’un confrère qualifie de « lobognoneries » déconcertantes. En réalité, ce proche de Soro Guillaume est la deuxième victime du scandale dit « des primes impayées ». Alain Lobognon affichait pourtant toute sa sérénité dans cette affaire scabreuse dont tous les contours restent à démener. C’était d’abord au régisseur du ministère des sports d’être limogé. Ouattara avait promis des enquêtes à l’issue desquelles d’autres têtes allaient tomber. Des résultats des enquêtes, on n’en sait pas encore grand-chose de façon officielle. Toujours est-il que le ministre des sports et loisirs vient d’être démis de ses fonctions. Ce qui accentue le soupçon de culpabilité sur sa personne en attendant le résultat des enquêtes.

 

Une bonne partie de l’opinion nationale appréciera certainement la décision du président de la République.

 

Il est inacceptable que des hauts fonctionnaires soient impliqués dans des actes de prévarication sans réaction du grand chef de l’administration. Vu sous cet angle, l’opinion reste favorable au limogeage du grand cyberactiviste du gouvernement que beaucoup dans le milieu sportif ne portaient pas dans leur cœur pour ses frasques verbales sur la toile.

La décision prise ce jour par Alassane Ouattara n’éteindra pas pour autant toutes les supputations sur le détournement des primes des joueurs.

 

Ouattara a-t-il frappé juste ?

 

C’est la question que l’on se pose en ce moment. L’affaire implique au moins deux parties : le ministère des sports et la fédération ivoirienne de football (Fif). Chacune des parties avait un niveau de responsabilité dans la gestion de la manne financière mise à la disposition de l’équipe nationale. Comment sans résultat d’une enquête préliminaire (le grand public n’en est pas informé s’il existe), Ouattara peut-il frapper d’un seul côté ? Il y a manifestement-là une sorte de deux poids deux mesures et cela ne peut que conforter la thèse selon laquelle, sous Ouattara, il y a des intouchables.

 

Pour d’autres encore, cette affaire est la partie visible de la guerre froide que se livrent Hamed Bakayoko, le ministre de l’Intérieur et Soro Guillaume, le président de l’Assemblée nationale. En écartant Alain Lobognon, Ouattara cautionnerait-il Hamed Bakayoko qui, faut-il le rappeler, a organisé une confrontation entre Alain Lobognon et le président de la Fif le 30 avril dernier. Celle-ci s’était limitée à un simple rendez-vous sans véritable déballage. Cette sortie précipitée de Lobognon ne manquera donc pas de commentaires d’autant que ce dernier a adressé ses premiers remerciements à son ancien mentor des Forces nouvelles, « le président Guillaume Soro ».