«Soro Guillaume a eu son opposition interne, dans la rébellion ; celle-ci se trouve sous terre. Houphouët Boigny a eut la sienne ; celle-ci s’est retrouvée ‘’impliquée’’ dans les complots dits du ‘’chat noir’’. Affi N’Guessan a la sienne. De son fait, nous constatons l’intrusion de la justice ivoirienne pour tenter de disqualifier ‘’le’’ candidat de la majorité, l’intrusion de la police pour interdire l’accès au QG aux seuls militants de la majorité, et des rencontres avec le Ministre de l’Intérieur, sans consultation des organes de Direction. Puis, nous constatons, peut-être pas de son fait, l’emprisonnement de Lida Kouassi Moïse et d’Assoa Adou, le DNC de Laurent Gbagbo. C’est cette similitude historique dans la manière de gérer son opposition interne qui étonne chez Affi N’Guessan. Cette façon de faire ne correspond pas à nos valeurs, à notre éthique, à nos règles de gestion interne. Et c’est cela qui fait penser que derrière l’enjeu de la présidence du FPI, se dissimulerait un enjeu plus grand, en rapport peut-être aux élections de 2015 et 2020, ou à d’autres problématiques moins avouables »

Magloire Dabosse‪
Avec toute cette tension à la tête du parti, que comptez vous faire maintenant pour que le Parti retrouve la paix ?

Bonjour Monsieur Dabosse, et merci pour cette question. Il faut d’abord préciser que l’Internationale Socialiste-Afrique a dépêché une mission en Côte d’Ivoire à ce sujet. En tant que membre de la DNC-Laurent Gbagbo, j’ai été associé aux entretiens que cette délégation a bien voulu nous accorder. Il nous appartient dans un premier temps de rendre compte à nos mandants, c’est-à-dire aux militants du Parti, de la teneur de ces entretiens, avant de déterminer dans un second temps la marche à suivre.

D’une manière générale, les électeurs au Comité Central et au Congrès devront, à terme, se prononcer, par vote, sur tous les points qui intéressent le retour de la cohésion interne. Il s’agit, non seulement des élections à la Présidence du Parti, mais également par exemple des élections générales en Côte d’Ivoire. La démocratie interne et l’application par le Président du Parti des décisions issues du vote des militants, au Comité Central et au Congrès, sont le gage de la cohésion et de la ‘paix’’, comme vous dites, à l’intérieur du FPI. Il en a toujours été ainsi. Notre travail est justement de ramener le Parti à ses fondamentaux, de préserver son identité, et il nous faut rester vigilants face aux dérives.

Comment comptez-vous remobiliser tous les camarades qui sont aujourd’hui dans le doute ? C est mon inquiétude aujourd’hui. Merci camarade !

Cher camarade, ton inquiétude est la mienne ! Quelle image offrons-nous aux Ivoiriens quand, en l’absence du ‘’Chef’’ charismatique, Laurent Gbagbo, se profile une guerre de succession accompagnée de déclarations parfois ordurières ? Ne risquons-nous pas de perdre en crédibilité ? Ne faisons-nous pas le ‘’jeu’’ de l’adversaire ?

Personnellement, je considère ‘’normal’’ pour un Parti politique de connaitre, de temps à autre, des périodes de crise, après la perte du pouvoir d’Etat par exemple. C’est à nous-mêmes de tout mettre en œuvre pour trouver une issue qui garantisse notre survie et notre harmonie. Et je remercie l’International Socialiste-Afrique pour son écoute et sa disponibilité. Merci également aux militants.

Soro Guillaume a eu son opposition interne, dans la rébellion ; celle-ci se trouve sous terre. Houphouët Boigny a eut la sienne ; celle-ci s’est retrouvée ‘’impliquée’’ dans les complots dits du ‘’chat noir’’. Affi N’Guessan a la sienne. De son fait, nous constatons l’intrusion de la justice ivoirienne pour tenter de disqualifier ‘’le’’ candidat de la majorité, l’intrusion de la police pour interdire l’accès au QG aux seuls militants de la majorité, et des rencontres avec le Ministre de l’Intérieur, sans consultation des organes de Direction. Puis, nous constatons, peut-être pas de son fait, l’emprisonnement de Lida Kouassi Moïse et d’Assoa Adou, le DNC de Laurent Gbagbo. C’est cette similitude historique dans la manière de gérer son opposition interne qui étonne chez Affi N’Guessan. Cette façon de faire ne correspond pas à nos valeurs, à notre éthique, à nos règles de gestion interne. Et c’est cela qui fait penser que derrière l’enjeu de la présidence du FPI, se dissimulerait un enjeu plus grand, en rapport peut-être aux élections de 2015 et 2020, ou à d’autres problématiques moins avouables. Tout se passe comme si, de même que les candidatures d’Essy Amara et de Konan Banny ‘’gênent’’ la candidature ‘’unique’’ du RHDP, Laurent Gbagbo venait ‘’gêner’’ au dernier moment la candidature unique ‘’programmée’’ (par qui ?) d’Affi N’Guessan au FPI. Cela interroge.

Il nous faut rapidement retourner à nos valeurs car les Ivoiriens, et l’Afrique peut-être, ont besoin d’un FPI socialiste, souverainiste, démocratique et panafricain fort. Les délégués de la majorité ont dont fort à faire, en ce moment, car, comme un Pays, un Parti fort ne l’est que par le respect des règles de droits et des coutumes qui régissent son fonctionnement. Les populations, peut-être déçues de ce qui se passe, doivent garder patience. Nous n’abandonnerons jamais notre idéal souverainiste.

Lucien Amichia‪
Bonjour Michel j’ai appris à travers les journaux du jour que ton bras droit Diabate Beh est allé sensibiliser des militants en faveur de Mr Affi dans la crise qui secoue le Fpi. Que penses-tu de cette attitude s’il s’avère que cette information est vraie? Cordialement !

Bonjour cher Lucien Amichia. De même que le Camarade Diabaté Bê, membre de la Direction du Parti, depuis 15 ans, est membre de la Direction de campagne du Camarade Président Affi N’Guessan, de même je suis membre de celle du Président Laurent Gbagbo. Et cela démontre, à mon avis, que les divergences d’opinions surviennent, même entre des amis, même entre des frères. Il ne s’agit pas de ‘’juger’’ le choix de mon frère, car, le FPI est un ‘’Front’’ dans lequel touts sortes d’opinions s’expriment. Je considère donc que chacun est en campagne pour ‘’son’’ candidat, et même que c’est la ‘’force’’ d’Affi N’Guessan d’avoir réussi à prolonger, au-delà de délais raisonnables, la durée de la ‘’campagne’’ afin d’accroître ses chances de succès et d’essayer de nous avoir à ‘’l’usure’’.

Deux questions se superposent, souvent de manière confuse. Laurent Gbagbo peut-il être candidat ? Et Le Congrès peut-il se tenir ? Le prochain Comité Central, convoqué à la majorité des deux tiers des militants, devra répondre clairement, et je l’espère définitivement à cela. En tout état de cause, le Président Affi a ‘’l’enveloppe’’, c’est-à-dire la légalité, mais nous, avons la ‘’lettre’’, c’est-à-dire la légitimité. Il a la montre (c’est-à-dire les pouvoirs d’un Président), mais nous, avons le temps, (c’est-à-dire le soutien de la base). Tôt ou tard, il y aura bien Comité Central et Congrès. La base tranchera, démocratiquement. Et nous ne nous en porterons que mieux. Cependant, la concertation entre les protagonistes que nous sommes demeure importante. Nos aînés s’y attellent sans relâche.

Sac ASou‪
As tu pu rendre visite aux camarades Assoa et Lida ?

‪ Oui, Sac-à-Sou, j’ai pu rendre visite au Camarade Lida Kouassi Moïse. Non, je n’ai pu rendre visite au Camarade Assoa Adou. Après l’arrestation de ce dernier, le Procureur, dont je ne citerai pas le nom ici, a informé mon avocat qu’il m’interdisait désormais toute visite aux détenus d’opinion. Pourquoi ? Ces abus sont monnaie courante en Côte d’Ivoire, pays de non-droit. Je tenais cependant à te rassurer : ils vont bien, tous les deux. Et sache qu’ils n’ont rien à se reprocher.

‪Andrelou
Lecoeur‪ A quand remonte la dernière conversation entre toi et Pascal AFFI N’guessan ? Apres sa visite auprès du président LAURENT GBAGBO, Demba Traore affirmait il y a peu que c’est Alcide Djédjé qui manipule Affi .Que penses tu de cette assertion ?

Bonjour Andrélou Lecoeur, le Président Affi et moi-même nous sommes vus à Gnaliépa, il y a environ deux semaines. Le Président Affi a été, est, et sera toujours mon ‘’père’’. Quand je veux le voir, je me déplace comme il se doit. Il ne m’a jamais chassé. Et il importe de comprendre que nous traversons une période de divergence idéologique, mais non pas un conflit de personnes. Je demande qu’il soit respecté. Comme il sied de respecter le Ministre Alcide Djédjé. Seul Monsieur Demba Traoré peut expliquer ce qu’il entend par ‘’manipulé’’. Pour ma part, je considère que du point de vue de la démocratie interne, de l’importance à accorder au retour sur la scène politique ivoirienne du Président Laurent Gbagbo, de l’idéal de souveraineté nationale, de la conception du socialisme démocratique, du rôle de l’opposition dans une dictature…il y a, entre les Camarades Pascal Affi, Krékré Firmin, Alcide Djédjé, Voho Sahi, Christine Adjobi, …et les Camarades Simone Gbagbo, Douaty Alphonse, Akoun Laurent, Assoa Adou, Lida Kouassi, Sangaré Aboudramane, Koné Boubakar… une rupture idéologique profonde. Les éléments de langage utilisés par les uns et les autres sont parfois ‘’durs’’, mais il ne s’agit pas, encore une fois, de conflits de personnes.

 


Dubonheur
Lefils‪ Pensez vous que c’est votre père qui a signé le document de sa candidature? Dites nous aussi si dans sa situation actuelle il peut être candidat à la présidence du parti ?

Cher Dubonheur Lefils, oui, il a signé ce document. Mieux, il l’a fait notarier à l’intérieur même de la prison par un notaire agréé des Pays-Bas. Il n’y a à ma connaissance, en l’état actuel de sa condition de détenu, aucun autre mode légal de procéder. Et oui, il peut être candidat à l’élection interne du FPI, puisqu’il n’est ni condamné, ni privé de ses droits civiques. Le droit appliqué à la Prison de la Haye, jusqu’à nouvel ordre, ne déroge pas aux standards internationaux en la matière.

Beko la Merveille‪
Pascal Affi N’Guessan‪ t’accuse de vouloir prendre le FPI comme un héritage de ton père, le président Gbagbo. Amani Michel t’accuse de mettre du désordre au FPI ; Quelle est ta part de vérité en tant que membre du FPI ayant participé à l’appel de Mama ?

Merci de ta question, cher Béko la Merveille. Il faut toujours garder à l’esprit que les quotidiens ivoiriens surajoutent parfois aux propos tenus par les personnalités politiques. Rien ne démonte que ces propos soient ‘exactement’ ce que ces Camarades ont dit.

Reste que, dans l’imaginaire collectif, un fils de Président, en Afrique noire, devient parfois Président de la République à son tour. Et il devient dans ce cas aussi Président du Parti qui a porté son père au pouvoir. Mais nous ne sommes pas dans un Royaume… Surtout, comprends que dans la crise interne au Parti, des éléments de langage, ‘’durs’’, très éloignés de la réalité, mais qui servent à discréditer l’adversaire, sont utilisés par les uns contre les autres. Si des mots comme ‘’héritage’ ou ‘’désordre’’ ont bien été utilisés, ce ne sont là que des éléments de propagande utilisés pour discréditer la cause de ceux qui soutiennent la candidature du Président Laurent Gbagbo à la tête du FPI. De manière rhétorique, on pourrait répondre, en retour, que l’acharnement du candidat Affi N’Guessan à se maintenir coûte que coûte à la tête du Parti, contre l’avis de la majorité, est suspecte, surtout dans le contexte actuel. L’utilisation malheureuse qu’il fait de tous les arguments possibles pour arriver à ses fins le délégitime encore plus, à mon avis. Oui, je souscris à l’appel de Mama ; entre le Président Laurent Gbagbo et le Chef de l’Etat Alassane Ouattara, il y a un intrus, Pascal Affi N’guessan, que nous devons écarter afin de redonner son instrument de combat à Laurent Gbagbo.

Zarathoustra Anaxagore‪
Bonjour Michel Gbagbo, quand tu vois les leaders actuels de notre classe politique, n’as tu pas l’impression qu’ils sont un peu dépassés et du passé? Ne vois-tu pas la nécessité d’un renouveau politique ivoirien avec des personnalités qui sont dans l’air du temps (nouveau projet politique pour un nouveau contrat social) ?

Cher ami, je me méfie profondément des termes populistes comme ‘’nouveau’’ contrat social, qui, dans une phraséologie approximative, prétendent, de la gauche à la droite, réunir, sous un même brassard, les personnes de ma ‘’génération’’ autour d’un Guillaume Soro, dans ses Forces ‘’nouvelles’’ ou d’un Ahipeaud Martial, dans sa ‘’nouvelle’’ vision, pour construire une ‘’nouvelle’’ Côte d’Ivoire. Le renouvellement des générations est une affaire, bien naturelle, et qui n’est pas ‘’nouvelle’’ en politique ; chaque Parti politique à ses codes et pratiques en la matière. Je ne me permettrais donc pas de porter de jugement sur ce qui se passe au PDCI-RDA par exemple. Par contre, je te donne mon avis, il n’y a pas, du point de vue des idéologies politiques, (libérale, socialiste, sociale-démocrate, conservatrice…) d’idéologie politique ‘’nouvelle’’, faite par des ‘’jeunes’ pour des ‘’jeunes’’ ; il n’y a là que tentative d’ancrage dans le débat politique au moyen de slogans plaisants mais sans fondement idéologique solide.

Maintenant, et là je te rejoins, il se peut qu’eut égard à la guerre qu’à connue la Côte d’Ivoire, des personnalités trop marquées, comme Laurent Gbagbo, Affi N’Guessan, Alassane Ouattara, Guillaume Soro, Laurent Dona Fologo, Blé Goudé, Henri Konan Bédié, Mamadou Koulibaly… soient perçues comme ‘’dépassées’’ et quelque part ‘’responsables’’ de ce qui nous est arrivés par une frange de la population qui souhaite un renouvellement de la classe politique. Mais ‘’renouvellement’’ ne signifie pas toujours ‘’rajeunissement’’. Ce sera justement à la population de le déterminer, à l’intérieur de chaque formation politique, et au moyen des élections générales dans le Pays, si et seulement si, les principes d’élections justes, transparentes et inclusives sont respectées. Il ne faut pas oublier en effet, qu’en Afrique, la plupart des conflits internes, (guerres civiles) naissent autours des élections et prennent une conation ethnico-religieuse parce que ces principes ne sont pas respectés. Dans le cas du Président Laurent Gbagbo par exemple, cas qui intéresse la plupart des intervenants, estimer que c’est une erreur politique de sa part de se présenter comme candidat à la tête de son Parti est une opinion. Permettre à ceux qui le soutiennent dans cette démarche d’exprimer l’opinion contraire par un vote au Congrès serait un acte démocratique. Le renouvellement des générations, en effet, ne doit pas signifier la disparition de ce qui fonde la durabilité d’une Organisation ; le respect de ses Principes et de ses Textes fondateurs.

Paris de Troy‪
Bonjour camarade, les affidés (partisans de Affi) nous font croire sur la toile que le Président Gbagbo serait malade, qu’en est-t-il exactement de son état de santé ? Merci

Il va bien !!!!!!! Merci, Paris de Troy, pour cette question, qui me permet de rassurer les Ivoiriens : le Président Laurent Gbagbo, physiquement et moralement, vit aujourd’hui dans un contexte fort différent de ce qui fut le sien aux mains de Soro Guillaume. Sa vie n’est plus directement menacée par ses conditions de détention.

La question de Steve Beko
Quelles sont les ambitions à long terme de Michel Gbagbo ? Envisages-tu un jour d’être candidat à l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire ? La constitution de 2000 que ton parti, le FPI, soutient étant pourtant un frein à une telle ambition surtout en son article 35, es-tu d’accord avec le RDR qu’il faut la modifier ?

Cher Steve Beko, ‘’merci pour tout ce que tu fais’’… Je crois avoir déjà répondu à ta première question. Je remarque que sur les 15 posées au cours de cet entretien, trois y sont relatives. Concernant la seconde question, relative à l’article 35 de la Constitution, je ne peux me prononcer publiquement là dessus, en ce moment. J’en suis fort désolé. En effet, mon Parti, comme tu dis, aura à le faire bientôt, puisqu’Alassane Ouattara, le Chef de l’Etat, semble en passe de vouloir procéder à une illégale modification de la Constitution ivoirienne. Merci en tous cas pour toutes les questions. Je remercie infiniment les Ivoiriens pour leur patience, et les invite à encore plus de solidarité envers les prisonniers politiques et plus d’engagement : la lutte continue !
Interview réalisée avec les Internautes de Facebook