Il y a peu, le ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative, Cissé Bacongo a saisi l’inspection générale, en vue de conduire une enquête relativement aux irrégularités constatées dans les résultats d’admissibilité du concours professionnel du cycle moyen supérieur de l’ENA. Du 24 décembre 2014 a l’ENA au 31 décembre 2014 cette mission a recueilli des documents pour nécessité d’enquête ; demandé des rapports écrits aux intervenants les plus importants dans le concours et auditionné les responsables de l’ENA ainsi que les membres du comité de coordination et des équipes techniques impliquées dans l’organisation du concours.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les résultats présentés par l’inspecteur général, le Pr Traoré Flavien hier à la presse, dans les locaux du ministère de
tutelle ne concordent pas avec la déclaration de la directrice générale de l’ENA. En effet, il y a quelques jours, Evelyne Yapo, DG de l’ENA indiquait que la direction générale de cette école nationale pratique de la Fonction publique n’était nullement impliquée dans ces cas de fraude, soulignant que le jury est souverain.

Mais l’inspecteur général insiste pour dire que l’organisation du concours dans sa phase pratique relève de la compétence de l’ENA. Qui croire ? L’enquête, souligne le conférencier, a relevé des insuffisances et des dysfonctionnements dans le processus de délibération et l’organisation du concours. Parmi les 23 candidats absents ou expulsés et irrégulièrement déclarés admissibles par le jury, se trouve une candidate qui, au vu du listing d’émargement était présente aux différentes épreuves du concours.

Cinq candidats expulsés pendant le concours parce qu’ils ne remplissaient pas les conditions d’emploi et d’ancienneté dans leur grade, ont été déclarés irrégulièrement admissibles sans que leurs noms ne figurent sur la liste manuscrite des 23. Sur les 58 candidats déclarés admissibles, seuls 31 candidats étaient
présents pendant les 4 jours qu’a duré le concours. L’inspecteur général soutient également que la procédure de délibération n’a pas été approuvée et qu’elle était davantage maitrisée par l’opérateur informatique que par les membres du jury qui, dit-il, l’ont découverte seulement le jour de la délibération. Le rapport a été déposé auprès du ministre mais l’inspecteur général souligne qu’une enquête plus approfondie viendra situer les responsabilités et permettre de prendre les sanctions qui s’imposent.

Le Quotidien