;les victoires qui résistent au temps sont le résultat de combats concertés

;les victoires qui résistent au temps sont le résultat de combats concertés

« Toutes les victoires qui résistent au temps sont le résultat de combats concertés, organisés et planifiés. Tout combat où chacun a son agenda prédéfini, son agenda caché et pense pouvoir se jouer des autres est un combat voué à l’échec. (…) pour Blé Goudé, l’opposition ivoirienne est dans un gros piège. Pour l’éviter ou pour en sortir, un diagnostic froid et une analyse rigoureuse s’imposent. »

1/ Le Temps : Vous venez d’être nommée Présidente par intérim du Cojep, vos sentiments ?
Coulibaly Sita : Comme je l’ai déjà dit, en même temps que je me réjouis de la confiance que m’a faite mon Président, je prie Dieu de m’inspirer afin que je puisse être à la hauteur de la mission que vient de me confier le Président. Je voudrais pouvoir bénéficier des conseils de personnes ressources, membres ou non membres du COJEP. Blé Goudé viendra construire et continuer sur ce que nous auront fait de la machine qu’il a laissée entre nos mains. Il compte sur notre loyauté, notre fidélité à la vision qu’il a pour le COJEP, surtout en son absence momentanée.

2/ Le Temps : Comment vos autres camarades ont-ils accueilli votre nomination ? 
Coulibaly Sita :Pour ce qu’il m’a été donné de vivre et de voir au cours du conseil politique extraordinaire du 25 juillet dernier, je puis vous dire que j’ai retrouvé et reconnu toute une famille et une équipe soudée autour de la décision du leader Charles Blé Goudé. Membres de la direction, coordinateurs, responsables de structures spécialisées, représentations extérieures et présidents de bases, étaient tous présents pour apporter leur soutien. C’est un indicateur qui me rassure. Je voudrais ici m’en réjouir et féliciter tous les camarades.

3/ Le Temps : Vous parlez de mission. Quelle mission Blé Goudé vous a-t-il confiée ?
Coulibaly Sita : Ma feuille de route est très simple et très claire. L’équipe qui a été mise sur pieds et moi même devront organiser le congrès extraordinaire les 14,15 et 16 Aout 2015 pour donner au Cojep une identité et une ligne politique. La ligne politique que le COJEP se donnera librement constituera désormais notre boussole autour de laquelle graviteront nos réflexions et nos actions. Nous avons aussi pour mission de faire du COJEP une famille et une équipe solidaire où les maitres mots sont le travail, l’engagement, la discipline. Ni DEFIANCE, Ni SOUMISSION, tel est notre crédo : il faut sauver la Côte d’Ivoire, ainsi tous ceux qui y vivent se sentiront mieux. Comme le dit le leader du Cojep, la CÔTE D’IVOIRE EST UN TOUT QUI A BESOIN DE TOUS.

4/ Le Temps : Et la lutte pour la libération de la Côte d’ivoire et des prisonniers politiques, vous l’abandonnez ?
Coulibaly Sita : les prisonniers dont vous parlez ne sont pas les prisonniers d’une chapelle, ce sont les prisonniers d’une cause commune. Il y en a qui sont illustres tout comme parmi eux se trouvent des anonymes qui continuent de souffrir dans les prisons tant à Abidjan qu’à l’intérieur du pays. Beaucoup de responsables du FPI s’y trouvent, beaucoup de responsables du COJEP y croupissent aussi, même si on ne le dit pas assez. Parmi les trois illustres prisonniers politiques se trouve le premier responsable du COJEP et nous en souffrons énormément. Vous comprenez donc qu’il n’y a aucune raison pour que le COJEP ne puisse pas être aux côtés des prisonniers et engager quelques actions que ce soit pour obtenir leur libération. Mais pour le faire, il nous faut dans un premier temps, exister, nous organiser, nous structurer car la crise postélectorale a particulièrement déstructuré le COJEP. Beaucoup de nos coordinateurs ont été chassés de leurs villes et sont jusqu’aujourd’hui des déplacés et désemparés. C’est pourquoi le COJEP s’emploie à se construire. Pour revenir à votre question, toutes les victoires qui résistent au temps sont le résultat de combats concertés, organisés et planifiés. Tout combat où chacun a son agenda prédéfini, son agenda caché et pense pouvoir se jouer des autres est un combat voué à l’échec. Depuis sa création le COJEP a été de tous les combats, il compte continuer sur sa lancée sans complexe, avec la philosophie et les principes de son leader : non-violence, convaincre et non vaincre, tendre toujours la main à l’adversaire jusqu’à ce qu’il comprenne un jour son erreur.

5/ Le Temps : On parle d’une crise profonde au COJEP, qu’en dites vous ?
Coulibaly Sita : Les crises font partie de la vie de toute organisation. Elles rappellent aux animateurs des structures ce qui va mal afin que des solutions idoines y soient apportées. Vu sous cet angle, la crise constitue aussi un indicateur comme l’est un mal de tête chez l’être humain ou bien un manque de carburant dans un appareil roulant ou volant. La crise n’est donc pas négative. Seulement, je vais rectifier les choses. On ne parle pas de crise au sein du COJEP, des gens souhaitent plutôt une crise au sein du COJEP pour des objectifs qui leur sont propres. Ils disent même qu’à défaut de maitriser le bateau, ils le feront chavirer. Mais un bateau qui est piloté par un bon capitaine chavire difficilement. Le COJEP n’est pas en crise, il s’apprête à aller au congrès.

6/ Le Temps : Pouvez-vous donner des noms ?
A l’instant même où ils sont en train de lire la présente interview, les concepteurs et les auteurs qui souhaitent que le COJEP implose en l’absence de son leader, se reconnaitront dans mes propos. Ce qui est intéressant, c’est qu’ils savent que nous savons. Pour ce qu’il a fait et continue de faire pour notre pays, ce n’est pas ainsi qu’on doit remercier Blé Goudé. Quels principes et quelles valeurs partageons-nous alors ?

7/ Le Temps : Que comptez vous faire alors ?
Coulibaly Sita : Pendant quatorze ans, Charles Blé Goudé nous a appris à faire la différence entre le combat et la querelle. Il nous a appris à ne pas être des pleurnichards plutôt d’apprendre à faire notre propre lit comme le fleuve. De lui, nous avons appris que la politique est un jeu emprunt de concurrence permanente qui ne réserve aucune chance à ceux qui refusent de prendre des initiatives. En tant que disciple de Charles Blé Goudé, je sais que l’école des coups bas et des coups durs délivre des diplômes de maturité et de compréhension de la vie elle-même. Quatorze ans après, on peut sans risque de se tromper dire que le COJEP a muri. A ce stade, le COJEP n’a plus le temps des petitesses. Ceux qui veulent continuer de s’amuser le feront sans nous. Notre leader est aux mains d’un système international et ce n’est pas du jeu. J’ai l’impression que certains n’en n’ont pas encore conscience, ou bien ils le savent mais ils font exprès. Ils parlent de Blé Goudé comme s’il était assis dans un coin d’Adjamé avec eux. Je leur rappelle que Blé Goudé est loin de son village, loin de sa région, de son pays, loin de son continent. C’est maintenant qu’il a plus que jamais besoin de notre soutien.

8/ Le Temps : Certains responsables et non des moindres disent ne pas comprendre la démarche de Blé Goudé. Qu’en dites-vous ?
Coulibaly Sita : Quand on ne comprend pas, on demande à comprendre mais on n’accuse pas. Les responsables dont vous parlez peuvent ils aussi admettre que Blé Goudé peut ne pas comprendre leur démarche. Pour qui connait Blé Goudé, on ne lui impose rien, on prend le temps de lui expliquer. Tant qu’il ne vous comprend pas, il ne bouge pas. Au lieu de lui expliquer les choses, certaines personnes ont choisi de le dénigrer; je peux vous assurer que ces personnes obtiendront exactement le contraire du résultat qu’ils espèrent. Blé Goudé est certes en prison mais peut être qu’il suit l’actualité politique plus que nous.

9/ Le Temps : Vous qui semblez vraiment le connaitre, quelle lecture fait Blé Goudé de la situation actuelle du pays.
Coulibaly Sita : comme ce ne sont pas tous les pagnes que l’on peut mettre au soleil, je n’en dirai pas plus. Sachez simplement que pour Blé Goudé, l’opposition ivoirienne est dans un gros piège. Pour l’éviter ou pour en sortir, un diagnostic froid et une analyse rigoureuse s’imposent. Il m’a dit un jour, « ma fille, pour combattre un adversaire, quand vous faites comme lui, vous n’êtes plus vous-mêmes. Il faut plutôt apprendre à le connaitre. Ainsi vous saurez ses forces et faiblesses pour en fin affuter votre stratégie. »

10/ Le Temps : Quel rôle compte jouer le COJEP et quel avenir lui réservez vous ? le COJEP désormais parti politique ?
C’est tout l’intérêt du Congrès prochain à Grand alépé. Les militants décideront eux-mêmes de l’avenir de leur mouvement. Quand on nait, on apprend à marcher, on tombe, on se relève et un jour on tient définitivement débout pour s’assumer. Quand un jeune homme devenu adulte, informe son père de son projet de fonder un foyer, ce n’est certainement pas par manque d’amour pour son père. Un bon père bénit son enfant et se réjouit de ce que la famille s’est agrandie. Le COJEP entend véhiculer des valeurs, former les bâtisseurs et les leaders de demain. Ces valeurs, nous les tenons de Gbagbo Laurent auprès de qui notre chef a beaucoup appris et continue de le faire. Dieu sais ce qu’il fait et nous sommes conscient de notre rôle. Nous lançons donc un appel au rassemblement. Ne faisons pas le jeu de l’adversaire. Le bureau tel que formé par le leader du COJEP est un message. Blé Goudé va davantage surprendre positivement.

Interview réalisée par Yacouba Gbané-Le Temps du 04/08/2015