Coup de théâtre : Ouattara évoque pour la 1ère fois son départ du pouvoir en 2015, à 4 mois de l’élection présidentielle, sur RTI1, RFI, BBC, et France24. Stratégie de diversion pour préparer un passa

Coup de théâtre : Ouattara évoque pour la 1ère fois son départ du pouvoir en 2015, à 4 mois de l’élection présidentielle, sur RTI1, RFI, BBC, et France24. Stratégie de diversion pour préparer un passa


Le chef de l'Etat Alassane Ouattara a évoqué pour la première fois, hier sur la RTI1, BBC, RFI, et France24, son départ du pouvoir en 2015 s'il perdait l'élection présidentielle, ironisant que ce ne serait pas la fin du monde car son avenir était déjà assuré, et a invité les ex-combattants à déposer volontairement leurs armes au risque de se faire désarmer de force après le 30 juin 2015. Il s’est au cours de l’interview, une nouvelle fois opposé au transfèrement de Simone Gbagbo à la Cour pénale internationale.


Selon plusieurs analystes, c’est un tournant majeur et une grande première que Ouattara envisage un départ du pouvoir en 2015, car jamais auparavant, une telle éventualité ne lui avait traversé l’esprit. Stratégie de diversion et d’endormissement de l’opposition pour préparer un passage en force en 2015? Rien n’est moins sûr.
Où bien s’agit-il d’une réelle prise de conscience de son inéligibilité à l’élection présidentielle, selon l’article 35 de la Constitution ? Trop tôt pour le dire.
Selon d’autres analystes, ça pourrait être un ballon d’essai de Ouattara pour préparer l’opinion à son départ du pouvoir qui est désormais ouvertement envisagé, et un message codé à l’endroit de ses partisans les plus radicaux.
Déjà, son parti le RDR est profondément divisé sur la question. Le tweet du Ministre Alain Lobognon, proche de Guillaume Soro, est là pour le témoigner.
En effet, le Ministre Alain Lobognon, proche de Guillaume Soro, a déclaré sur son compte twitter le 19 juin 2015 que le chef de l’Etat, Alassane Ouattara, n'est pas éligible à l’élection présidentielle de 2015, et l’a invité à respecter la Constitution. (http://www.ivoirebusiness.net/?q=articles/coup-de-th%C3%A9%C3%A2tre-in%C...)
Il est vrai que de l’eau a beaucoup coulé sous le pont depuis, et la question de son inéligibilité est devenue une affaire d’Etat, évoquée à l’Elysée, à l’ONU, par l’Union africaine, par l’ex-Président Thabo M’beki, par Madame Zuma, et même en Une du journal gouvernemental Fraternité matin, de même que par l’Agence France presse, Jeune Afrique, et par la presse d’opposition.
Par ailleurs, la quasi-totalité des leaders de l’opposition comme Christian Vabé, le Président Laurent Gbagbo, Essy Amara, Konan Banny, Laurent Akoun, Danielle Boni Claverie, Anaky Kobenan, Ouattara Gnonzié, Abou Cissé, Gbaï Tagro, Koua Justin, Nestor Dahi, etc…évoquent quotidiennement l’inéligibilité du chef de l’Etat ivoirien, et lui demandent de respecter l’article 35 de la Constitution. De même que les formations politiques comme la CNCE, la CNC, l’URD, le MFA, et le FPI.
Même au sein du Pdci-Rda de Konan Bedié, des voix se lèvent de plus en plus pour remettre en question le soutien du parti à un candidat dont l’inéligibilité dépasse le cadre des frontières nationales.

De même qu’au cœur du RDR, comme on l'a dit, deux camps s’opposent sur l’éligibilité d’Alassane Ouattara à l’élection présidentielle.
Le camp Guillaume Soro déclare désormais ouvertement que Ouattara n’est pas éligible à l’élection présidentielle et lui demande de respecter la Constitution (Tweet du Ministre Alain Lobognon, proche de Guillaume Soro, et abondamment relayé sur votre quotidien favori http://www.ivoirebusiness.net/?q=articles/coup-de-th%C3%A9%C3%A2tre-in%C....)

 

Hier également au cours de son entretien avec la presse, le chef de l’Etat a également menacé les ex-combattants qui refusent de désarmer : ‘’Quand j’aurai signé que l’ADDR ( l’Autorité pour le Désarmement, la Démobilisation et la réintégration, Ndlr) est terminée, ceux que nous verrons avec des armes qui n’ont pas le droit de les porter, seront désarmés par la force et seront traduits devant la justice’’, a-t-il avertit.
‘’Après le 30 juin c’est terminé’’, a-t-il insisté.

Par ailleurs, Alassane Ouattara a assuré que des formules sont en train d’être trouvées afin que ces jeunes gens soient pris en compte dans le processus de resocialisation.

Notons que ces ex-combattants lors de la crise postélectorale de 2010 en Côte d’Ivoire, ont combattu aux côtés des forces nouvelles muées en FRCI de Ouattara. Ils se disent avoir été roulés dans la farine par Alassane Ouattara qui leur avait promis 5 millions de FCFA par soldat pour chasser Laurent Gbagbo du pouvoir.

 

Le chef de l'Etat a manifesté sa volonté de lutter contre la corruption. ‘’Nous serons sans état d’âme avec tous ceux sur lesquels nous avons des éléments de corruption’’, a-t-il martelé. Il a également réaffirmé, dans la suite de son propos, sa volonté que l’ex-première dame Simone Gbagbo réclamée par la Cour pénale internationale (CPI), soit jugée par la justice ivoirienne ‘’parce qu’elle en a la capacité’’. ‘’Si Laurent Gbagbo et Blé Goudé se trouvent à La Haye, c’est parce qu’à cette époque la Côte d’Ivoire n’avait pas la capacité de les juger’’, a-t-il justifié.
Un bras de fer oppose en ce moment Alassane Ouattara et la CPI qui lui a récemment demandé de coopérer avec elle et de transférer Simone Gbagbo.
Cette question avait d’ailleurs été évoquée entre Alassane Ouattara et François Hollande à l’Elysée le mardi 16 juin 2015. http://www.ivoirebusiness.net/?q=articles/pr%C3%A9sidentielle-2015-comme...
Nous y reviendrons.

Patrice Lecomte