Tout est parti d’un post de Mah Sogona Bamba, sur Facebook, comme le révèle le journaliste André Sylver Konan sur son blog. Députée sortante de Tafiré, Mah Sogona Bamba est une extrémiste notoire du RDR, anti-Gbagbo dans l’âme, et qui parcourait les plateaux des chaînes de télévisions françaises, pour brandir une fausse image d’un manifestant agenouillé, brûlant violemment, et présenté comme un pro-Ouattara subissant la furie des pro-Gbagbo.

C’était une grosse manipulation qu’on découvrira plus tard car la photo nous venait d’Afrique du Sud, et non de la Côte d’Ivoire.

Ironie du sort, c’est aujourd’hui elle qui se dit victime de l’ivoirité au sein du RDR, le parti d’Alassane Ouattara, lequel avait pourtant fait de l’ivoirité son cheval de bataille.

Madame Mah Sogona Bamba, combat l’ivoirité aujourd’hui au RDR. Qui l’eut cru !

Voici ce qu’elle dit de l’ivoirité au sein de son parti : « Tafiré législatives 2016: brûlez ma maison, brûlez mes voitures (Lol histoire de nous dire qu’elle en a plusieurs, NDLR), insultez mes parents, calomniez-moi, agressez mes proches dans le village, mais de grâce, ne me traitez pas d’étrangère à Tafiré. De grâce, cette blessure-là est mortelle pour moi, pour la mémoire de mon père. Je vous en prie, arrêtez d’instrumentaliser nos braves populations, en leur insufflant la haine tribale, ethnique et la xénophobie. »

Elle est même traitée d’étrangère à Tafiré et on lui conseille de retourner chez elle à Touba: « Koh : On ne veut plus d’étranger ici. Pourquoi tu viens chez les autres, faire la politique ? Vas chez toi à Touba.

Tu ne seras jamais plus élue ici. Quand ce genre de propos vient de personnes incultes, on en ri. Mais quand vous vous rendez compte que cela vient de soi disant intellectuels, c est à en mourir de dégout. C’est lamentable… La haine tribale incite à la violence. Ce qui est verbal pour l’instant, pourrait être un avant passage à l’acte.

Je voudrais interpeler ici les candidats pour lesquels ces personnes agissent visiblement, de les inviter à la retenue, au calme -si eux-mêmes n’en sont les instigateurs ou commanditaires. Pour un poste de député, a t-besoin d’opposer les communautés, d’inciter à la haine tribale et à la révolte pour gagner ? C est déplorable ».

Ivoirité du RDR

Mah Sogona Bamba évoque bien l’Ivoirité au RDR, ivoirité dont le RDR a pourtant fait son cheval de bataille pendant de longues années. Venant d’elle, on les bras nous en tombent.

Avec le RDR, c’est « Faites ce que je vous dis mais ne faites pas ce que je fais »

Avec la sortie de Mah Sogona, on se rend compte que c’est bien au RDR que l’ivoirité a toujours existé, comme le dénonce le journaliste Sylvestre Konan : « Allez demander au RDR, pourquoi tous ses candidats dans ses circonscriptions du Nord, sont natifs de ces régions, alors qu’il présente des ressortissants du Nord, dans des circonscriptions au Sud ? Notons que personnellement, cela ne me gêne pas, parce que je suis un militant de la cause citoyenne qui veut que chaque Ivoirien se sente libre d’être candidat où il veut, quand il veut et comme il veut, tant que la loi le lui permet.

Il y a quelques années, j’ai été le témoin indirect d’une scène qui s’est passée à Odienné. Là bas, des responsables du RDR ont fait du choix du sexe des anges, une spécialité. L’Ivoirité dans cette région est tellement forte qu’entre cadres natifs du même village, de la même famille même, certains ont plus de droits politiques que d’autres.

Ainsi, a-t-il été dit à un Touré que son Touré n’est pas un Touré 100% odiennekah, mais qu’il y avait eu mélange, à partir d’un grand-parent. De sorte qu’il n’avait pas le droit de faire de la politique à Odienné » .

Hypocrisie

Et André Sylver Konan de poursuivre : « En clair, il est plus facile pour n’importe quel ressortissant du Nord d’être candidat à une élection locale, au Sud, qu’à une élection locale au Nord. Dans ce cas, imaginez combien il sera difficile pour un ressortissant du Sud, de faire de la politique au Nord, à fortiori d’être candidat à une élection locale au Nord. Ceci n’est pas un débat tribal, c’est un fait et ce n’est pas contesté.

Il est temps qu’on mette fin à cette longue hypocrisie. Des gens viendront ici me traiter de tous les noms. Mais chacun au RDR, sait que cette propension à exclure les « étrangers » est devenue une marque déposée. Et c’est triste comme personne n’ose en parler ».

Il y a malheureusement bien longtemps qu’on s'est rendu compte que la parti d’Alassane Ouattara accuse toujours les autres de ses pires turpitudes, pour ensuite faire pire que les autres.

En effet, après avoir accusé le Président Laurent Gbagbo d'avoir appliqué l’ivoirité, ce que les faits ont toujours démenti, concept d'ivoirité crée par Henri Konan Bedié, son allié d’aujourd’hui, le RDR d’Alassane Ouattara une fois au pouvoir, a crée le concept rageur de rattrapage ethnique et tribal (http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/cote-d-ivoire-ouattara-ve...

 

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Le Rattrapage ethnique consacre la suprématie des nordistes sur toutes les autres ethnies du pays. En clair aujourd’hui en Côte d’Ivoire, pour avoir une promotion dans la haute administration civile et militaire, il faut être du Nord et du RDR, peu importe la compétence. De nombreux analphabètes ont pu être ainsi promus au détriment de nombreux jeunes dont la compétence est avérée. Ainsi va la Côte d’Ivoire des « rattrapeurs ethniques» et des "ivoiritaires" qui prétendent conduire la Côte d’Ivoire à l’émergence en 2020.

Faut-il rire où en pleurer ? La question n’a pas fini de foutre le bordel.

 

Serge Touré