tantôt annoncé pour vendredi dernier tantôt pour samedi, le retour au pays de Guillaume Soro a finalement eu lieu dimanche soir. «Je suis

venu prendre toute ma place dans le jeu politique», a déclaré

le président de l’Assemblée nationale, paraphrasant le président

Laurent Gbagbo, rentré précipitamment d’Italie le 20

septembre 2002, au lendemain du déclenchement de la longue

crise qui a secoué le pays une décennie durant.

 

Le faisant,Laurent Gbagbo entendait faire front et prendre les devants face à l’ennemi qui venait de frapper

au coeur de son régime. La suite, on la connait…

Voilà que Guillaume Soro retrouve la mère-patrie après un

séjour de deux mois en Europe marqué en son absence par

des événements en lien avec la crise jadis larvée et désormais

ouverte entre son camp et celui d’Alassane Ouattara. Plusieurs

de ses proches ont fait les frais de cette montée d’adrénaline

qui n’est pas prête de s’estomper.

Limogeage par-ci, interrogatoire par-là, le pouvoir use de

tous les moyens pour briser l’ardeur de ses sympathisants et

espère bien atteindre au moral l’ancien chef rebelle dont les

velléités de succession d’Alassane Ouattara en 2020 se font

de plus en plus persistantes. Et,l’arrestation le 9 octobre dernier

de Koné Kamaraté Souleymane dit Soul to Soul, un de ses plus

fidèles compagnons de route, est l’ultime signal que le pouvoir

Ouattara entendait envoyer à Guillaume Soro en guise d’avertissement.

 

La rumeur de sa destitution de son poste de président de l’Assemblée nationale et celle encore plus folle de son probable transfèrement à la cPI ont même circulé à Abidjan, mais celui qui dit désormais agir

pour la réconciliation et le pardon s’est gardé de tout commentaire.

Montrant patte blanche, il a même encouragé son directeur du protocole à se soumettre à la justice.

 

Sincère ou pas, cette démarche a contribué à créer une certaine

peur chez les partisans de Ouattara.

Si pour l’heure, la guerre n’est que psychologique, les Ivoiriens

dans leur ensemble retiennent leur souffle. Jusqu’à quand ?

nul ne le sait. Une chose est certaine, les deux hommes ont

convenu de se parler pour désamorcer

la bombe. c’est du moins ce que leur a recommandé

Olusegun Obasanjo, l’ancien président nigérian, désigné

comme médiateur dans cette crise qui ne fait qu’empirer.

y parviendront-ils ?

Rien n’est moins sûr car la découverte de la cache d’armes de

Bouaké continue de troubler le sommeil de l’Exécutif, ce d’autant

plus que ces armes ne représenteraient qu’une infime partie de l’arsenal de guerre de Guillaume Soro qui disposerait,

selon certaines sources, de suffisamment d’armes pour tenir

tête aux hommes d’Alassane Ouattara.

Une situation qui laisse planer sur le pays un réel

risque d’affrontement. Soro qui déclare être revenu «prendre sa

place» adresse un message clair à ses adversaires qui doivent

y voir une défiance de celui qui a suscité la création de

l’Union des Soroïstes et remis au goût du jour les Forces nouvelles.

Pour lui, ce n’est ni plus ni moins qu’une façon de dire à

Alassane Ouattara qu’il est prêt à toute éventualité. En clair,

entre les deux hommes, c’est à qui dégainera le premier.